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Aromathérapie : se soigner par les huiles essentielles

Les huiles essentielles prennent une part de plus en plus importante dans la vie des français. L’aromathérapie, pratique qui réglemente leur utilisation, profite également de l’engouement, désormais confirmé, pour les produits issus de l’agriculture biologique et pour un retour à des modes de vie plus sains et naturels. Elle bénéficie ainsi d’un plébiscite grandissant dans les magazines de santé et de beauté et ne se prive plus de faire valoir ses bienfaits au travers de guides d’utilisation au quotidien. Puisant sa richesse dans celle des plantes, en rappelant que nos plus vieux ancêtres en faisaient déjà autant à leurs premiers pas, elle propose des huiles essentielles qui permettraient de guérir les petits maux du quotidien liées aux voies respiratoires, aux irritations cutanées ou à la digestion difficile tout en contribuant à restaurer notre équilibre mental que le stress quotidien érode en permanence. L’idée générale n’est donc pas de faire de l’aromathérapie une solution miracle de remplacement des traitements classiques mais de proposer une solution de bien-être. Mais d’où vient exactement cette pratique, quels sont ces principes majeurs et quels sont ces bienfaits ?
 
aromatherapie
 

Qu’est ce que l’aromathérapie ?

 

Petit historique


L’usage des plantes en tant que remède du quotidien est aussi vieux que le monde et remonte sans aucun doute au temps des premiers chasseurs cueilleurs. Ce savoir primitif s’est ensuite propagé de manière instinctive au travers des générations comme en témoignent plusieurs textes antiques. Le moyen-âge marque un coup d’arrêt brutal à l’expansion des plantes médicinales en Europe, les associant à la magie noire et aux esprits malins qui peuplent le folklore de l’époque. Cependant, elles sont toujours présentes et restent confinées aux cabinets d’apothicaires des alchimistes qui en font un usage mystique et philosophique. Il faudra attendre la renaissance et la généralisation de la distillation pour les voir ressurgir dans la parfumerie et les prémices de la cosmétique avant qu’elles ne retrouvent leurs lettres de noblesse avec l’école française au début du 20ème siècle. La célèbre anecdote mettant en scène René-Maurice Gattefossé, le père de l’aromathérapie, en train de plonger ses mains dans de l’huile de lavande après s’être brûlé au cours d’une expérience chimique fait figure de canon thérapeutique. Emerveillé par l’incroyable efficacité de ce traitement pourtant inopiné, ce parfumeur de formation décide de consacrer ses recherches à la découverte des huiles essentielles et jette les bases de la pratique dont il dicte le nom. Son travail sera ensuite poursuivi par le médecin militaire Jean Valnet dans les années 60 puis par Pierre Franchomme au début des années 2000 avec son chémotype.
           
 

Procédés d’obtention des huiles essentielles


Associée à la phytothérapie, l’aromathérapie se différencie de sa grande sœur par le fait qu’elle n’utilise que les composés aromatiques des plantes. Elle permet, ainsi, d’obtenir des huiles essentielles à partir des essences liquides et odorantes qui sont contenues dans des poches à différents endroits de la plante. Ces essences sont composées de nombreuses molécules. Les propriétés différent en fonction de l’espèce de la plante et de l’endroit où elle pousse.
 
Il existe deux méthodes traditionnelles d’extraction en aromathérapie:
  • L’expression à froid est utilisée pour certaines variétés de plantes ou de fruits, comme les agrumes notamment, pour lesquels les sacs oléifères sont contenus dans le zeste. Cette méthode consiste à presser sans chauffage soit le fruit entier, soit l’écorce seule, jusqu’à l’obtention d’un jus mixte qui fera ressortir les huiles essentielles après un passage en centrifugeuse. Très simple, ce procédé a, également, le mérite de produire des huiles essentielles pures et beaucoup plus riches que celles extraites par distillation. En revanche, elles ont une durée de vie plus courte (environ 6 mois) et s’appliquent exclusivement aux agrumes.
  • La distillation à la vapeur, plus commune parce qu’elle concerne toutes les autres plantes, procède de la projection de vapeur d’eau à travers la masse végétale afin de briser les poches oléifères puis d’en faire circuler les molécules volatiles à travers un serpentin avant de les condenser sous la forme d’huile essentielle. Les molécules dites « lourdes » ne sont pas concernées et rentrent dans le champ de la phytothérapie. 
 

Terminologie et chémotype : Critères de qualité d’une huile essentielle


Comme toute pratique à but thérapeutique, l’aromathérapie s’est constituée une nomenclature rigoureuse qui garantit la qualité des huiles essentielles selon plusieurs critères bien précis.
 
En premier lieu la terminologie permet d’uniformiser la désignation de chaque plante. Elle s’appuie sur la dénomination scientifique botanique initiée par le naturaliste suédois du 18ème siècle Carl von Linné et se décline selon deux appellations : le nom vernaculaire en français et le nom scientifique en latin. Ce dernier se construit de la manière suivante :
 
Genre + Espèce + sous espèces + initiale du botaniste qui a décrit la plante.
A titre d’exemple l’Eucalyptus commun de Linné sera énoncé : Eucalyptus globulus L.
 
Dans un deuxième temps, il s’agit de définir le chémotype de la plante afin de déterminer son origine et les organes producteurs utilisés. En effet, selon sa provenance géographique et le biotope associé, une même plante ne délivrera pas les mêmes propriétés biochimiques. La pluviométrie, la température, l’ensoleillement, le mode de culture et la nature de la terre dans laquelle elle évolue sont des facteurs déterminants de ce qu’on appelle son chémotype qui permet de déterminer quelle partie de la plante sera la plus à même de fournir une huile essentielle de qualité.
Par exemple, si la carotte est cultivée, on utilisera sa semence, tandis que la partie aérienne sera préconisée pour une carotte sauvage.
 
Toute cette nomenclature complexe permet de classifier les huiles essentielles sous une norme plus générale garante de leur qualité. Elles sont regroupées sous le sigle H.E.C.T. qui signifie Huile Essentielle ChémoTypée. D’autre part, grâce aux nouvelles technologies, il est désormais possible de « photographier » la composition chimique de chacune d’elle afin de lui assigner une identité biochimique. Cette chromatographie associée au chémotype permet d’affiner la nomenclature. Elle prend le nom de HEBBD, Huile Essentielle Botaniquement et Biochimiquement Définie. Cette dernière vous assure un produit de qualité contrôlé.
 
 

Quelle utilisation des huiles essentielles au quotidien ? 


Les champs thérapeutiques de l’aromathérapie sont multiples et auraient des bienfaits aussi bien sur la peau et les cheveux, que sur l’organisme et ses défenses immunitaires sans oublier l’aspect mental. Toutefois peu d’études scientifiques sont disponibles et il est recommandé d’utiliser les huiles essentielles avec des précautions particulières, parmi lesquelles un avis médical.
 

Médecine douce des petits maux

  • A l’intérieur
Les huiles essentielles sont généralement utilisées comme alternatives à la médication classique dans le but de soigner les maladies infectieuses liées à des bactéries ou des virus. Ainsi, certaines auraient des propriétés anti-bactériennes et anti-virales idéales dans le soin des aphtes, des diarrhées infectieuses (Girofle) ainsi que la grippe, l’angine ou la laryngite. D’autres, comme l' huile essentielle de Gaulthérie, auraient une action anti-inflammatoire contre les douleurs articulaires, liées à l’arthrose ou à la tendinite. L’autre principal champ d’action de l’aromathérapie concerne les voies respiratoires. De nombreuses huiles essentielles s’appuieraient, en effet, sur des propriétés fluidifiantes et expectorantes pour soigner le rhume, et les bronchites et les sinusites. C’est le cas notamment du Ravintsara, du Tea-tree ou de l’huile essentielle de Thym. Ces propriétés sont particulièrement prisées dans le cadre d’un traitement naturel des pathologies hivernales.

 
D’autres huiles essentielles, encore, agiraient sur la digestion difficile et lente, évitant ainsi les douleurs stomacales et la sensation de lourdeurs : c’est le cas de l'huile essentielle de Menthe. Elles réduiraient les flatulences et la mauvaise haleine comme la Cardamome par exemple. La mandarine rouge irait plus loin encore en se positionnant comme véritable protecteur hépatique, en particulier après ou lors d’un traitement médicamenteux. L’aromathérapie permettrait, ainsi, de compenser les insuffisances hépatiques et favoriserait, par la même occasion, une meilleure tolérance de l’organisme, en général.          
 
  • A l’extérieur
L’aromathérapie aurait également une action bénéfique à l’extérieur c’est à dire sur la peau et les cheveux.
L’hélichryse italienne, originaire de Corse, aurait la capacité de fluidifier le sang avec comme perspective de réduire l’acné rosacée et la couperose, tout comme l'huile essentielle de Ciste qui permettrait, en outre, de traiter l’acné, ainsi que les rides. La lavande officinale serait réputée pour ses vertus calmantes et cicatrisantes indiquées dans le soin des plaies, des brûlures et des piqûres d’insectes.
 
Les cheveux ne sont pas en reste puisque certaines huiles essentielles, comme celle de la Marjolaine à coquilles, diffuserait des propriétés antimycosiques qui, en plus de soigner les mycoses cutanées unguéales, seraient indiquées en cas de mycoses du cuir chevelu et de pellicules. D’autre part, le Lavandin abrial serait un puissant répulsif anti-poux.
 
Certaines huiles essentielles travailleraient à une tonification des circulations sanguine et lymphatique afin d’apaiser la sensation de jambes lourdes et de relaxer le corps. C’est le cas de l'huile essentielle de Cyprès qui préviendrait les varices et favoriserait la cicatrisation des hémorroïdes.
 
  • Dimension psychologique
La dimension psychologique est, également, mise en avant avec l’idée hippocratienne, reprise plus tard par le docteur Bach, qui veut que la maladie se nourrit des carences qui peuvent mettre à mal l’équilibre global du patient. Chaque période plus stressante, coup de fatigue mentale ou baisse de moral influence tout l’organisme et fissure les défenses naturelles. Un manque de sommeil est un exemple probant de ce phénomène qui use l’organisme et le rend plus perméable aux affections qui l’entourent. De nombreuses huiles essentielles permettent de « colmater » ces baisses de tonus comme l'huile essentielle de Basilic tropical, qui agirait comme un sédatif favorisant l’endormissement et le sommeil récupérateur, ou la Cannelle de Ceylan qui aurait des qualités de stimulant afin de lutter contre la fatigue psychique et physique.
 
 
 

Les différents modes d’administration


L’aromathérapie préconise trois modes d’administration principaux qui sont par voie orale, par voie cutanée et par diffusion.
 
  • Voie orale
Avant toute chose, il est très important de vérifier que l’huile essentielle concernée peut être prise sous cette voie et qu’aucune contre-indication ne vous concerne. Si chaque huile possède sa propre posologie (déterminée par un pharmacien ou un thérapeute), la majeure partie du temps elles respectent le dosage suivant :
 
Adulte 1 à 2 gouttes par prise, jusqu’à 3 fois par jour. 
 
Le traitement doit se tenir sur 3 semaines maximum. Au cas où vous prendriez plusieurs traitements en même temps, demandez à votre pharmacien de vous concocter un mélange et d’ajuster la posologie en fonction. En ce qui concerne l’administration, les huiles essentielles ne doivent pas être avalées directement au risque d’irritations et de brûlures.
 
Voici quelques modes possibles :
Sur un comprimé neutre
Sur un demi-carré de sucre
Sur de la mie de pain
Dans une demi-cuillère à café de miel
Dans une demi-cuillère d’huile végétale 
 
  • Voie cutanée
De la même manière que la voie orale, vérifiez bien que l’huile essentielle peut être utilisée sur la peau et qu’elle ne comporte pas de contre-indications particulières. Respectez bien la posologie recommandée par votre pharmacien ou le médecin. Elle s’applique pure ou diluée dans de l’huile végétale ou une crème (en fonction des recommandations qui lui sont propres) directement sur la zone concernée ou au niveau du plexus, des poignets, des tempes ou de la plante des pieds sous la forme de massage ou de friction. Il existe, également, des solutions préparées qui peuvent être également ajoutée à l’eau du bain comme la base pour le bain du Docteur Valnet.
 
  • Diffusion
Certaines huiles essentielles peuvent être vaporisées sur du linge ou dans l’air ambiant grâce à des diffuseurs : Ce mode d’administration implique, cependant, des précautions particulières comme de respecter les temps de diffusion (généralement pas plus de 10 minutes par session) et de les utiliser dans des pièces aérées sans la présence d’enfants ni d’animaux. Du fait de leurs propriétés antiseptiques pour certaines et calmantes pour d’autres, la diffusion d’huiles essentielles permettrait de purifier l’air et de procurer une ambiance zen à votre habitation.
 
 

Précautions d’emploi


Contrairement à l’idée générale que l’on peut s’en faire, l’aromathérapie n’est pas une médecine douce mais plutôt à prendre avec douceur. Certaines huiles sont, en effet, extrêmement concentrées et nécessitent des précautions d’emplois très drastiques.
 
  • Ne pas utiliser chez les enfants de moins de 6 ans, les femmes enceintes et allaitantes, sauf avis médical contraire
  • L’utilisation des huiles essentielles riches en phénols et en cétones est à proscrire chez l’enfant et la femme enceinte en raison de leurs propriétés intrinsèques,
  • Les huiles essentielles n’étant pas solubles dans l’eau, utiliser un excipient adapté selon l’usage (huile végétale, crème, gel…) pour les diluer,
  • Ne pas ingérer plus de 6 gouttes d’huiles essentielles par jour (dose maximale pour un adulte),
  • Ne jamais appliquer sur les zones sensibles du corps (yeux, muqueuses, oreilles, nez, parties génitales…)
  • Ne pas injecter en intraveineuse ou en intramusculaire
  • Utiliser avec prudence chez les personnes allergiques ou n’ayant jamais utilisé d’huiles essentielles, en procédant à un test cutané (1 goutte à l’intérieur du poignet),
  • Conserver les flacons toujours bien fermés, à l’abri de la lumière, de l’humidité, des écarts de température et de la chaleur. Tenir hors de portée des enfants,
  • Certaines huiles essentielles étant photo-sensibilisantes (essences d’agrumes), l’exposition directe au soleil 6 heures après leur application sur la peau est à proscrire (risque de brûlures),
  • En cas d’incidents ou d’effets indésirables (réaction cutanée, projection dans les yeux, ingestion involontaire…), rincer abondamment avec de l’eau puis de l’huile végétale alimentaire.
  • Certaines huiles essentielles sont contre-indiquées en cas d’asthme, d’épilepsie ou d’antécédents de cancers hormonaux dépendants. D’une manière générale, il est préconisé de toujours demander conseil à un professionnel de la santé avant toute utilisation ou bien de  choisir des complexes déjà prêts : Tégarome, Flexarome, etc. 
 
 
L’aromathérapie se définit elle-même comme une médecine douce destinée à soigner les affections bénignes du quotidien et à stabiliser l’axe fragile qui relie le corps et le mental. Puisant ses forces dans une nature riche et abondante, elle ne prétend à rien d’autre que de prolonger des pratiques millénaires avec comme perspective de fortifier les défenses naturelles et d’incarner la célèbre maxime : « Un esprit sain dans un corps sain ». Les huiles essentielles sont d’ailleurs souvent préconisées lors de périodes hivernales, au moment où la rigueur du climat, le manque de lumière et la fatigue qui en découle fragilisent l’organisme face aux nombreuses attaques des microbes et des virus. Toutefois, comme bon nombre d’alternatives médicales, l’aromathérapie comporte des contre-indications et doit être utilisée en respectant un certain nombre de précautions, avec comme priorités la modération et le contrôle d’un professionnel de la santé.