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Arthrose : un mal fréquent

Arthrose, arthrite et rhumatisme, ces trois termes prêtent à confusion et sont bien souvent employés comme des synonymes pour définir une pathologie commune qui concernerait les articulations de près d’un français sur deux. Pourtant, s’ils entrent globalement dans le même champ d’action, ces troubles ne sont pas exactement identiques. En effet, tandis que le rhumatisme désigne la famille pathologique, l’arthrite et l’arthrose figurent parmi les maladies les plus répandues de cette branche. Ces deux « soeurs » se distinguent, quant à elles, par leur physiopathologie quand l’une se manifeste par une inflammation et l’autre par une érosion organique. L’arthrose, qui nous occupe aujourd’hui, correspond plus précisément à une usure mécanique impliquant de nombreux facteurs, parmi lesquels la vieillesse et la corpulence. Toutefois, ses autres causes restent encore pour certains cas mystérieuses et englobent de nombreux éléments distincts. Equipmedical vous invite à découvrir tout ce qu’il faut savoir sur l’arthrose pour prendre soin de vos articulations avant qu’elles ne s’enraillent pour de bon : son processus, les solutions pour la soulager, voire prévenir ses dommages.
 

Qu’est-ce que l’arthrose ?

 

Symptômes

Cette maladie     affecte toutes les articulations du corps, et de façon plus fréquente celles de la hanche et des genoux. Elle se manifeste par des douleurs au niveau des zones concernées lorsque ces dernières sont sollicitées (descente d’escalier, marche intensive ou sport). De plus, outre les douleurs, les personnes victimes d’arthrose éprouvent également une certaine sensibilité au niveau de leurs articulations par simple pression dessus ainsi qu’une perte progressive de leur flexibilité. Cette rigidité se déclenche plus précisément le matin au moment du réveil ou après une longue immobilisation des membres. Elle peut durer jusqu’à 30 minutes avant que l’articulation ne retrouve une fluidité raisonnable. On parle alors de déverrouillage matinal. Des craquements au cours du réveil articulaire ou au cours de la journée sont aussi le signe d’installation de la maladie, tout comme l’apparition de petites excroissances osseuses, appelées ostéophytes.
 

Description

Véritable interface organique, l’articulation implique de nombreux facteurs aussi divers que des ligaments, des tendons et des muscles qui permettent d’actionner les os entre eux. Afin d’assurer la fluidité de l’articulation et de préserver les muscles des chocs, un tissu conjonctif souple et élastique, appelé cartilage, recouvre l’extrémité articulaire de chacun d’eux. De plus, outre ses propriétés mécaniques, ce tissu présente l’avantage d’être particulièrement résistant sur la durée. Or, et c’est là où la bât blesse, il peut arriver que suite à une pathologie, un traumatisme ou la vieillesse, le cartilage dégénère et s’effrite occasionnant un dysfonctionnement des ligaments, des muscles ainsi que du liquide synovial, une substance limpide et épaisse qui assure la lubrification de l’articulation.
 

Causes

Plutôt que de parler de causes, les médecins préfèrent évoquer des facteurs de risque. En effet, cette dégénérescence demeure assez difficile à cerner et fait toujours l’objet de recherches. Cependant, au fil du temps, il a été possible de dresser le portrait robot de la victime idéale.
Comme bien souvent, le premier élément déclencheur concerne l’âge qui, en avançant, voit le renouvellement des cellules se tarir petit à petit et occasionner une dégradation progressive du corps humain. Les articulations, qui figurent parmi les zones du corps humain les plus sollicitées, sont bien évidemment en ligne de mire et peuvent être amenées à souffrir les premières.
Autre élément perturbateur très fréquemment pointé du doigt par les spécialistes, le surpoids, et plus précisément l’obésité, occasionne une compression des articulations, en particulier celles de la hanche et des genoux qui va abîmer le cartilage en l’écrasant.
Par ailleurs, le manque d’activité physique régulière aurait tendance à réduire la densité du cartilage et à « rouiller » les articulations. D’une manière générale, le corps est comme une machine qu’il faut faire fonctionner régulièrement pour éviter qu’elle ne s’encrasse et qu’elle ne casse au premier choc.
Cependant, si le cartilage est censé garder ses propriétés intactes tant qu’il est suffisamment soutenu par une alimentation saine et équilibrée ainsi qu’un condition physique maintenue, la répétition d’efforts intenses peut provoquer son usure prématurée. Ainsi, l’arthrose est particulièrement propice chez les athlètes pratiquant un sport collectif où les contacts sont plus répandus. C’est le cas du football, du basket-ball et de façon plus éloquente chez les rugbymen qui subissent de nombreuses micro-lésions et fractures qui fragilisent chaque fois un plus leurs articulations et le cartilage qui s’y trouve. Néanmoins, certains sports individuels ne sont pas pour autant épargnés comme c’est le cas de l’haltérophilie, discipline dans laquelle les athlètes supportent des poids très lourds de manière brève mais très violente.
Plus globalement, les divers traumatismes qui peuvent ponctuer la vie de chacun de nous comme les fractures, les entorses, les luxations sont tout autant de grains de sable laissés dans la mécanique de notre organisme.
Enfin, la fatalité est aussi parfois responsable puisque l’hérédité figure parmi ces facteurs de risque, comme c’est le cas de l’arthrose des mains.
 

Quels sont les types d’arthrose ?

L’arthrose est susceptible de toucher toutes les articulations, sans exception, même si certaines seront plus concernées que d’autres.

Arthrose vertébrale
La forme la plus fréquente, bien qu’elle soit la plus « silencieuse », intervient au niveau de la colonne vertébrale dans les régions des cervicales et des lombaires. Elle se manifeste par une raideur qui irradie le cou en journée lorsque nous sommes en position assise depuis longtemps et dans le dos, en position allongée lors d’un changement de côté.

Arthrose de la main
L’arthrose de la main est également répandue et se localise à trois endroits. Elle est le plus souvent liée à des facteurs héréditaires.
  • Celle du poignet apparaît suite à une fracture ou une entorse de jeunesse qui se réveille à un âge plus avancé sous forme de douleurs.
  • Le pouce de la femme est aussi très touché provoquant, outre les douleurs, un affaiblissement de la préhension.
  • L’arthrose des doigts se manifeste quant à elle par le gonflement et la déformation des phalanges et une incapacité à plier les doigts quand elle s’aggrave.
 

Comment soigner l’arthrose ?


Il n’existe à ce jour aucun traitement spécifique qui permette de restaurer le cartilage érodé des articulations. En revanche, il est possible de soulager la douleur et la raideur grâce à différentes méthodes, médicamenteuses ou non, voire à freiner l’évolution de l’arthrose via des chondroprotecteurs.
 

Antalgiques

Les principaux médicaments prescrits en cas d’arthrose sont des antalgiques parmi lesquels le paracétamol qui a l’avantage de n’occasionner que de rares effets secondaires. D’autres antalgiques peuvent également soulager la douleur, sous le contrôle d’un avis médical stricte.
 

Anti-inflammatoires

En cas d’inflammation, les praticiens vous prescriront des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) qui se déclinent selon différentes molécules bien connu du grand public : Ibuprofène, kétoprofène, naproxène, etc. Plus ou moins puissants, ces médicaments doivent faire également l’objet d’une prescription médicale. Certains, même, pourront être associés à des médicaments destinés à protéger la paroi de l’estomac afin d’éviter toute complication digestive grave. Il va sans dire que l’avis médical est inévitable. Afin d’éviter ce genre de désagréments, une solution alternative existe sous la forme d’anti-inflammatoire topique, c’est à dire de gels ou de crèmes qui s’appliquent directement sur l’articulation. Ils trouveront toutefois leur limite dans le cas d’arthrose de la hanche et de la colonne vertébrale dont la profondeur cutanée sera trop importante pour que la molécule pénètre jusqu’à la zone ciblée. Leur photosensibilité leur impose par ailleurs une le port d’une protection vestimentaire ou solaire.


Chondroprotecteurs

Les chondroprotecteurs sont des substances dotées de nombreuses propriétés qui ont la particularité de stopper l’usure du cartilage en contribuant à la synthèse du collagène et des protéoglycanes, à l’amélioration de la viscosité du liquide synovial et à la croissance des chodroncytes, les cellules composant le cartilage.
 

Injection

Dans ce cas, une autre solution consiste à injecter de l’acide hyaluronique, une molécule présente naturellement dans le corps et en particulier dans le liquide synovial des articulations. Ses propriétés lubrifiantes soulagent la douleur et redonnent un peu de flexibilité à l’articulation. Son effet est toutefois plus lent et nécessitera du temps avant de révéler son efficacité. D’autant plus que son action est relativement peu importante.
Afin de stopper le processus inflammatoire, des infiltrations de corticoïdes, réalisées directement dans la zone articulaire, offre une bonne une bonne alternative aux traitements médicamenteux oraux.
 

Chirurgie

Dans les cas plus problématiques, il est parfois nécessaire de recourir à la chirurgie comme l’arthroscopie, par exemple, qui consiste à procéder au lavage articulaire à partir de sérum physiologique afin de retirer les résidus de cartilage et d’os. D’autres encore seront réalisées pour corriger les éventuelles déformations osseuses, voire reconstruire certaines parties de l’articulation. Et si le handicap persiste toujours autant, une prothèse pourra être installée pour remplacer l’articulation trop usée.
 

Que réserve le futur ?

De nombreuses recherches sont en cours afin de trouver le remède miracle à l’arthrose. Si rien n’est encore prêt, deux pistes principales sont en cours de développement.
L’une d’elle vise à contrer la dégénérescence du cartilage en essayant de déterminer les différents facteurs physiologique qui entraîne sa dégradation. Elle travaille également à la synthétisation de molécules destinées à stimuler la production de cartilage.
L’autre piste, intitulée thérapie cellulaire, consisterait à injecter des cellules souches pour réaliser une greffe de cartilage.

Mais, encore une fois, ces recherches sont toujours à un stade balbutiant et ne peuvent remplacer les techniques actuelles, qu’elles soient médicamenteuses ou chirurgicales. Et comme très souvent, le meilleur moyen de guérir d’une pathologie est encore de s’en prémunir le plus tôt possible.




Comment prévenir et soulager l’arthrose ?


Il existe de nombreux moyens de préserver ses articulations de l’arthrose et comme souvent, ils sont à la portée de tous.


Quelques règles de bonne conduite

Le cartilage n’étant pas irrigué par des vaisseaux sanguins, il puise ses ressources dans le liquide synovial sous l’effet de pressions provoquées par les mouvements. C’est, d’ailleurs, pour cette raison que les douleurs et craquements articulaires sont plus fréquents au réveil après une longue immobilisation.
  • La première des règles consiste à entretenir sa forme et à solliciter régulièrement ses articulations par des activités sportives appropriées à sa condition physique. La piscine sera par exemple préconisée pour les personnes en surpoids.
  • Une bonne posture du dos et des jambes permet de protéger les articulations associées. En position assise, ou debout, cet équilibre évite en effet les mauvaises habitudes et les déformations osseuses et par extension l’ajout de pressions supplémentaires sur les zones articulaires.
  • De même, chaque mouvement de soulèvement et, plus globalement, d’effort doit être réalisé avec précaution en conservant une bonne posture et l’équilibre du corps.
  • Il est préférable d’éviter la station debout sur une longue durée afin d’éviter que la raideur des muscles et la pression exercée par le poids ne viennent comprimer les articulations et les os.
  • Pour finir, une bonne hygiène de vie ne va pas sans une alimentation équilibrée et variée qui assure un apport en protéines et en vitamines nécessaires à la vitalité de l’organisme. Certains compléments alimentaires permettent d’ailleurs de préserver son capital articulaire.

Les équipements spécialisés

A défaut de pourvoir guérir, de nombreux équipements médicaux ont été conçus pour apporter un soutien quotidien aux patients victimes d’arthrose sous la forme de chaussures ou d’orthèses.
 

Les chaussures de confort

Les chaussures de confort sont utilisées à la fois pour leur praticité et leur semelle orthopédique adaptée. Elles sont, en effet, facilement chaussables et s’ajustent parfaitement au pied du patient pour les soulager de leurs douleurs. C’est le cas de la gamme Podoactiv de Gibaud qui regroupe un certain nombre de modèles qui répondront à tous les goûts : Les sandales Verone, les chaussures Modène ou Amélia en sont des exemples parmi tant d’autres.
De plus, de bonnes chaussures favorisent une démarche équilibrée propice à maintenir une bonne posture générale.


Chevillère – Genouillère – Poignet/Pouce

Juste au dessus du pied, la cheville est la première articulation en remontant. Plus que le genou encore, elle supporte tout le poids du corps et s’avère donc sujette aux diverses fractures, luxations et entorses que les aléas du quotidien ou le sport mettent sur sa route. Les chevillères de maintien assurent une bonne stabilité de l’articulation et permettent de répartir au mieux les points de pressions qui l’entourent. Idem pour les genouillères qui évitent que l’articulation ne se déforment ou ne s’abîme trop au cours du sport ou de la marche simple ainsi que les orthèses de pouce qui offrent une aide précieuse au doigt en cas de rhizarthrose. Localisée au niveau de l’articulation trapézo-métacarpienne, cette arthrose du pouce se manifeste le plus souvent chez la femme, à partir de 50 ans. Elle se caractérise par des douleurs et des raideurs avant d’évoluer progressivement vers une déformation du pouce en adductus, en se rapprochant de la paume, voire en Z pour certains cas. La conséquence principale de cette pathologie est une incapacité du patient à saisir des objets entre le pouce et l’index. L’orthèse de pouce, comme toutes les autres solutions orthopédiques mentionnées plus haut, sont dites « de repos » et s’utilisent le plus souvent la nuit pendant le sommeil. Outre leur objectif de diminuer les tensions et les douleurs, ces équipements permettent également de maintenir une certaine position de l’articulation, l’écart du pouce par rapport à la main dans le cas de rhizarthrose, afin de préserver l’amplitude articulaire.
Ces attelles de repos sont aussi très utiles dans une rééducation post-opératoire.



Malgré sa grande « popularité », au grand dam de ses victime d’ailleurs, l’arthrose demeure encore aujourd’hui une pathologie sans guérison. Longtemps considérée comme la maladie des personnes âgées, elle est, en fait, susceptible de toucher toutes les tranches d’âges de la population, sans distinction. De nombreuses recherches sont en cours pour comprendre son fonctionnement et mieux la combattre mais la seule véritable solution demeure encore de veiller précieusement sur son corps en lui apportant une alimentation saine et variée tout en lui prodiguant une activité physique régulière et adaptée à chacun. Les traitements médicamenteux antalgiques et anti-inflammatoires associés à des équipements médicaux permettent de soulager les articulations et de préserver les patients des douleurs avec la perspective de rendre cette maladie la moins handicapante possible.


Pour aller plus loin : Rhumatismes : comment les distinguer ?