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Comment bien prendre en charge les brûlures ?

December 14, 2017 08:54

Il y a environ 500 000 brûlés en France chaque année, dont 10 000 cas qui nécessitent une hospitalisation et 1000 autres qui entraînent le décès du patient. Incendie, accident domestique ou professionnel, les causes de brûlures sont nombreuses et peuvent avoir des conséquences irrémédiables.
La brûlure est une blessure qui selon sa gravité  se caractérise par des lésions voire la destruction du revêtement cutané et des tissus sous-jacents.
La peau est la première barrière de protection de l’organisme. Elle est constituée de l’épiderme (couche superficielle la plus fine), du derme (couche la plus épaisse) et de l’hypoderme (couche la plus profonde).
Toute brûlure doit être prise au sérieux et doit être traitée rapidement et efficacement en fonction du degré de gravité. En effet, les premières heures de la prise en charge sont capitales et conditionnent l’évolution future et la guérison du patient. Connaître les critères de gravité d’une brûlure et l’agent responsable est essentiel pour la prise en charge des brûlés et éviter les complications.
Equipmédical vous apprend à reconnaître les différents degrés de gravité d’une brûlure et vous transmet tous les conseils nécessaires pour  une prise en charge efficace.

Brûlures : comment évaluer le degré de gravité ?


Afin de bien maîtriser les premiers soins à prodiguer au patient, il est nécessaire d’évaluer la gravité de la brûlure.
On distingue ainsi les brûlures superficielles et les brûlures graves.  La profondeur qui détermine sa gravité est évaluée selon plusieurs degrés :

Premier degré : une brûlure du 1er degré se traduit par une rougeur (érythème) et une sécheresse de la peau qui est rouge en raison de la vasodilatation des capillaires sanguins.
Elle ne laisse pas de cicatrices mais elle est douloureuse. Le coup de soleil fait partie des brûlures du 1er degré les plus fréquentes.

Deuxième degré superficiel : il est caractérisé par l’apparition de cloques (phlyctènes). Si la douleur est forte et le derme rouge on parle de 2ème degré superficiel. Les terminaisons nerveuses ne sont pas atteintes et les vaisseaux sanguins n’ont pas été détruits.

Deuxième degré profond : lorsque la brûlure a atteint l’épiderme et le derme. Les cloques sont généralement  percées et le derme est décoloré. Les vaisseaux sanguins et les terminaisons nerveuses sont détruits d’où une douleur de faible importance.

Troisième degré : la peau est brûlée en profondeur. Toutes les couches sont touchées : épiderme, derme, hypoderme. La peau est cartonnée et insensible. Les vaisseaux sanguins et les terminaisons nerveuses sont détruits. Les risques d’infection sont élevés et la greffe de peau sera nécessaire.
 

A retenir : moins ça fait mal, plus c’est grave !


L’évaluation de la brûlure dépend également de plusieurs facteurs qui vont déterminer sa gravité :

- La profondeur : La gravité de la brûlure dépend de sa profondeur. Ainsi une brûlure profonde touche nécessairement l’épiderme et le derme.

- La surface : on exprime la surface brûlée en pourcentage par rapport à la surface corporelle totale. On détermine la surface brûlée à l’aide de la règle des 9 (cette règle ne s’applique pas sur les enfants) : 9 % pour la tête et le cou, 9 % pour chaque membre supérieur, 18 % pour chaque membre inférieur, 18 % pour chaque face du tronc et 1 % pour le périné. Les brûlures du 1er degré qui couvrent plus de 75% du corps, les brûlures du 2ème degré qui couvrent plus de 30% du corps, les brûlures du 3ème degré qui couvrent plus de 10% du corps sont considérées comme graves.

- La localisation de la brûlure peut engendrer des complications et peut déterminer le degré de gravité. Sont estimées graves les brûlures localisées sur le visage, en raison du risque de cicatrice permanente, sur les mains et articulations en raison des séquelles fonctionnelles éventuelles, des orifices naturels comme le nez ou la bouche pouvant entraîner des difficultés respiratoires et sur les organes génitaux ou l’intérieur des cuisses où la cicatrisation est délicate.

- L’âge est un facteur de risque de gravité. Ainsi les brûlures sur un enfant de moins de 5 ans ou sur un adulte de plus de 60 ans sont considérées comme grave.


Quels sont les différents types de brûlures ?


Il existe différents types de brûlures en fonction de l’élément responsable.

Les brûlures thermiques sont provoquées par contact direct avec un élément à température élevée : fer à repasser, liquide chaud, fumée, flammes...

Les brûlures chimiques sont très fréquentes dans un environnement professionnel, elles correspondent à une agression par un acide, une base (soude par exemple), un gaz lacrymogène, des hydrocarbures (essence...), du ciment ... qui provoquent une réaction chimique qui détruit tout ou une partie de la structure cutanée.

Les brûlures électriques sont graves, les lésions peuvent cependant être invisibles. Il peut y avoir des complications cardiaques, neurologiques ou rénales. Ce type de brûlures est dû au passage du courant électrique entre un point d’entrée (par exemple la main) et un point de sortie (souvent les pieds).

Les brûlures solaires sont plus communément appelées coup de soleil. Elles sont très fréquentes en période estivale.

La brûlure par irradiation est très spécifique car elle évolue de façon imprévisible dans le temps même plusieurs années après l’accident.

La brûlure par frottement est provoquée par la friction entre la peau et une surface ou une matière. Il s’agit généralement de brûlure bénigne.
 

Les premiers soins à prodiguer.

 

La brûlure exige un traitement immédiat !


Avant toute chose, il est impératif d’arroser la plaie à grande eau. Le refroidissement (cooling) diminue la douleur, la profondeur et l’extension de  la plaie. Il limite ainsi les conséquences !
Pour ce faire, il suffit de respecter la règle des 15 : mettre la région touchée pendant 15 minutes, sous une eau à 15°C à 15 cm du robinet.
Attention toutefois à l’hypothermie !
S’il n’y a pas d’accès à un robinet, il est possible d’appliquer une eau gélifiée qui a l’avantage de rester en place et de ne pas couler.
En cas de projection chimique oculaire, le lave œil Plum permet de rincer les yeux simplement avec du sérum physiologique.

Après avoir placé la plaie sous l’eau, et dans le cas d’une brûlure importante il est nécessaire d’appeler les secours qui pourront déterminer une fois sur place la gravité de la brûlure pour éventuellement évacuer le patient vers un centre spécialisé de grands brûlés.

Il est conseillé de déshabiller le patient, seulement si les vêtements ou les bijoux (en cas d’œdèmes) n’adhèrent pas à la peau. Il est cependant important de ne pas laisser la personne se refroidir.

Si la brûlure est étendue, il faut l’allonger pour éviter un état de choc pouvant conduire à une perte de connaissance.

Il est enfin important de prendre en compte son bien-être général. Les victimes de brûlures sont souvent très choquées. Il est essentiel d’accompagner la victime en lui parlant et en la rassurant.
 

Prise en charge de la douleur


La douleur peut être responsable de complications telles que l’apparition de syndrome confusionnel, de délire, d’agressivité en phase aiguë (immédiatement après le traumatisme ou l’accident) et de dépression ou de syndrome post traumatique en phase ultérieure. Il est donc capital de bien prendre en charge la douleur pour une guérison efficace.
Il faut savoir que le degré de gravité d’une brûlure ne dépend pas du degré de douleur ressenti. En effet, plus une brûlure est grave moins elle est douloureuse. Quand les terminaisons nerveuses sont détruites le patient ne ressent plus rien. En revanche, les changements de pansements quotidiens, souvent très longs et fastidieux sur les grands brûlés sont très douloureux.

La douleur est par nature subjective, mais il est pourtant possible grâce aux EVA (échelle visuelle analogique) de l’estimer pour apprécier l’efficacité du traitement antalgique administré.

On peut distinguer deux types de traitements médicamenteux :

- Les analgésiques non-morphiniques, comme le paracétamol, est indiqué pour les douleurs légères et comme analgésique de prévention. Il permet également de faire baisser la fièvre, symptôme fréquent en cas de brûlure. Les anti-inflammatoires fonctionnent comme le paracétamol mais sont particulièrement efficaces en cas de douleur aiguë, les premiers jours après la brûlure.

- Les analgésiques morphiniques faibles tel que le tramadol ou la codéine sont utilisés dans le traitement des douleurs modérées à sévères. Les morphiniques forts représentés par la morphine et ses dérivés sont les molécules antalgiques les plus puissantes et sont indiqués pour le traitement des douleurs sévères.

L’alternance entre les morphiniques et les non-morphiniques est souvent préconisée par les équipes soignantes. Leur administration ne se fera que sur prescription médicale.

Les approches non pharmacologiques, telles que les techniques de neurostimulation transcutanées et d’acupuncture ou les techniques comportementales telles que la relaxation ou l’hypnose peuvent également être indiquées en phase ultérieure et non en phase aiguë. Elles ne se substituent pas à une approche médicamenteuse.


Soigner les brûlures du 1er et 2ème degré superficiel


Il est important de nettoyer et désinfecter une brûlure pour éviter les risques d’infection et la prolifération des bactéries.
Il est recommandé d’appliquer une crème à base de trolamine qui permet d’hydrater et qui possède des propriétés cicatrisantes.
Pour une bonne cicatrisation, il est impératif de protéger la plaie avec un pansement stérile pour éviter le risque d’infection mais surtout pour maintenir la plaie dans un milieu humide condition sine qua none pour une cicatrisation optimale et rapide.

- Les pansements interface imprégnés d’une substance grasse n’adhèrent pas à la plaie et se retirent donc sans douleur.
- Les pansements au miel sont reconnus pour créer les conditions optimales d’une bonne cicatrisation en cas de brûlure. Ils ont une action nettoyante,  antibactérienne et maintiennent la plaie dans un environnement humide.
- Le souci des jardins est une plante herbacée aux propriétés anti-inflammatoires et cicatrisantes. En application sur la peau, grâce à une crème, il permet de soulager les démangeaisons et améliore la cicatrisation.


La prise en charge des brûlures graves (2ème degré profond et 3ème degré)


Comme pour les brûlures superficielles, il est essentiel d’arroser à grande eau pendant minimum 15 minutes.

Après avoir appelé les secours (15) et pendant le transport, le patient sera intubé ou ventilé si la face est brûlée. Il faut en effet toujours suspecter une atteinte des voies aériennes si le visage est touché.
Bien qu’il soit possible de traiter des brûlures superficielles dans un centre non-spécialisé (urgences, cliniques..), les patients souffrant de brûlures profondes doivent toujours être orientés vers un centre spécialisé qui dispose du matériel et des protocoles de traitement adéquats à la prise en charge des grands brûlés.

Tout patient brûlé grave doit être rapidement perfusé. En effet, plus la surface atteinte est étendue, plus la perte d'eau est importante. Le risque étant une déshydratation importante, qui peut s’aggraver en raison de la fièvre provoquée par la brûlure.

La lutte contre l’infection sur les brûlures graves est un enjeu de taille. La barrière cutanée étant inexistante aux endroits lésés, la prolifération des bactéries et le risque infectieux est très élevé.
Il convient donc de protéger la plaie sur le même  principe que les plaies superficielles (milieu humide, non-adhérence…) tout en la préservant des infections.
Les pansements hydrogel constitués à 50 % d’eau sont les plus à même de ramollir les tissus et de stimuler le processus de détersion. Une crème à base de sulfadiazine argentique qui prévient les infections peut être appliquée.

En cas de brûlures circulaires des membres, du thorax, du cou, des doigts, une incision de décharge doit être réalisée. Elles consistent à inciser la peau pour résorber l’œdème provoqué par l’effet garrot des brûlures circulaires.

Enfin, les techniques chirurgicales (avulsion de la peau brûlée, détersion assistée, greffe) seront réalisées dans les centres spécialisés.
 

La rééducation post-brûlure


Le mécanisme de cicatrisation des brûlures est complexe et dépend directement de la profondeur et du temps de cicatrisation. A plus long terme, les cicatrices peuvent être responsables de troubles fonctionnels et sont souvent inesthétiques (hypertrophie, congestion…).
Lorsque la cicatrisation est acquise, il est important qu’un centre de rééducation spécialisé prenne le relais pour le traitement des cicatrices.

Ainsi la contention mécanique par le port de vêtements compressifs et l’application de produits locaux (crèmes) seront indiqués afin d’éviter la formation de cicatrices hypertrophiques ou rétractiles. Un séjour en cure thermale peut également être préconisé pour améliorer la souplesse de la peau et l’aspect des cicatrices.
 

Brûlures : les soins ultérieurs


L’évolution d’une cicatrice consécutive à une brûlure est très longue, et s'étale généralement sur les 18 à 24 mois qui suivent la cicatrisation. Il est donc essentiel de respecter certaines règles :

- Hydrater sa peau au minimum 2 fois par jour pour maintenir les échanges intracellulaires.
- Se protéger du soleil est obligatoire. En effet, même lorsque la cicatrisation est complètement terminée, la cicatrice reste plus sensible aux méfaits du soleil que la peau saine.
- Il est possible de traiter le prurit (ou démangeaisons) fréquent au niveau des zones de cicatrices par un traitement médicamenteux et une hydratation quotidienne.
- Un soutien psychologique peut être nécessaire pour l’acceptation des cicatrices et pour éviter le syndrome du stress post-traumatique très fréquent chez les grands brûlés.


Ainsi, l’objectif d’une prise en charge efficace en vue d’une guérison totale est de traiter la brûlure et de limiter l’aggravation pour un minimum voire une absence de séquelle. L'évaluation de la gravité et les soins prodigués ont une influence déterminante sur le résultat fonctionnel et esthétique final.
Enfin, il est essentiel de respecter un certain nombre de règles préventives pour éviter les accidents : éduquer les enfants, supprimer les risques, lutter contre les négligences… sont autant de conseils très simples à appliquer mais qui peuvent sauver des vies !

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