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La maladie de Parkinson : symptômes et traitements

May 24, 2018 10:58

Découverte en 1817, la maladie de Parkinson est aujourd’hui la deuxième maladie neurologique la plus fréquente en France après la maladie d’Alzheimer et se manifeste généralement autour de 65 ans. Les hommes semblent plus touchés que les femmes par cette maladie. Elle provoque la destruction progressive et irréversible des neurones et affecte principalement le système nerveux central.
A ce jour, près de 200 000 personnes seraient atteintes par cette pathologie et 10 000 nouveaux cas seraient détectés tous les ans. Les causes de la maladie de Parkinson sont pour le moment méconnues mais les chercheurs suspectent qu’elle est notamment due à une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux comme une exposition importante aux pesticides par exemple. La maladie de Parkinson est reconnue comme étant une maladie silencieuse car les premiers symptômes de la maladie peuvent se dissimuler sous les signes de l’âge. Les personnes atteintes perdent le contrôle des mouvements dit automatiques. Leurs gestes deviennent peu à peu rigides, brutaux et surtout incontrôlables.
Equipmédical vous explique ce qu’est la maladie de Parkinson, les symptômes parkinsoniens et quelles sont les avancées en terme de traitement.

 

 

 

 

 

 

 

 

Parkinson : de quoi s’agit il ?


La maladie de Parkinson est une dégénérescence neuronale chronique, lente et évolutive fréquemment liée à l’âge qui vise à détruire certaines cellules nerveuses se trouvant dans la substance noire du cerveau. Ces cellules sont nommées les neurones dopaminergiques car elles produisent la dopamine et l’utilisent comme neurotransmetteur. Celle ci est sécrétée dans le système nerveux central et joue un rôle essentiel dans le contrôle des fonctions motrices. La dopamine est une molécule qui transmet des informations de façon chimique entre les neurones.
Lorsque sa production est altérée, les informations neuronales ne circulent pas correctement et peuvent provoquer un état général de déprime, des changements d’humeur, des anomalies dans les mouvements et des troubles du comportement.
On compte à peu près 400 000 neurones dopaminergiques chez un individu et les premiers signes moteurs de la maladie apparaissent lorsque 60 % à 70 % de ces neurones sont atteints.


 

Les symptômes de la maladie de Parkinson


Les troubles liés à cette maladie apparaissent généralement entre 50 et 70 ans et débute environ 10 ans avant l’apparition des premiers symptômes moteurs. A ce stade, les neurones dopaminergiques ont été réduits à 60 % et les médecins parlent alors de triades symptomatiques.
 

L’akinésie


L’akinésie est le principal symptôme auquel on associe la maladie de Parkinson. Il s’agit notamment d’un trouble du mouvement qui entraîne de la lenteur dans les mouvements et une grande difficulté dans les mouvements complexes comme l’enchaînement de gestes de membres différents. Ce symptôme parkinsonien entraîne bien souvent une importante fatigue, des fourmillements, des problèmes d’élocution, une sensation de blocage pour effectuer un mouvement, ce qui provoquera par la suite une incapacité totale de l’effectuer.
Certains facteurs comme le stress, le niveau de concentration et la douleur ressentie par le patient doivent être pris en compte pour gérer l’akinésie. Ils peuvent soit aggraver la gestion du mouvement soit l’améliorer.

L’akinésie se caractérise premièrement par une démarche parkinsonienne, c’est à dire que le patient se déplace en effectuant des petits pas en ayant une tendance à traîner des pieds. Le bras du patient n’accompagnent plus le mouvement systématique de la marche, on parle du syndrome du bras ballant.
Pour améliorer la régularité des mouvements et maintenir un bon niveau des gestes automatiques, il est préconisé aux patients parkinsoniens de suivre régulièrement et de façon assidue des séances de kinésithérapie.

Il existe un autre trouble fréquemment rencontré chez les personnes atteintes de Parkinson: la micrographie. Il s’avère que c’est un trouble de l’écriture qui se traduit par une écriture de plus en plus réduite, en patte de mouche, au fur et à mesure dans l’avancée d’une phrase. C’est un élément déterminant qui contribue à déterminer un diagnostic précoce de la maladie.
 

 Les raideurs musculaires


Les raideurs musculaires, appelées hypertonie, représente l’un des facteurs moteurs parkinsoniens et rend les gestes simples du quotidien difficiles comme mettre une veste ou se brosser les dents. Il s’agit du facteur moteur le moins gênant mais qui occasionne de nombreuses douleurs et des crampes. L’hypertonie musculaire est une augmentation permanente du tonus musculaire c’est à dire qu’inconsciemment le patient va exercer une résistance dans la réalisation d’un geste. Ces raideurs musculaires peuvent également provoquer certaines déformations des membres. L’hypertonie musculaire touche particulièrement la zone du rachis, de la nuque et des membres effectuant des gestes de flexion/extension. Le patient se déplace alors le dos courbé vers l’avant et le cou reste droit et immobile.


Les tremblements parkinsoniens


Les tremblements sont le signe moteur le plus visible de la maladie de Parkinson mais ne sont pas systématiques. Ce trouble n’est présent que dans 70 % des cas. Ils sont constatés lorsque la partie du corps concernée est au repos et ne s’associe donc à aucun geste. Ces tremblements concernent essentiellement les membres supérieurs et dépendent avant tout des émotions ressenties par le patient. Ils se caractérisent par des mouvements lents et réguliers et qui disparaissent pendant la nuit et réapparaissent au réveil.


Les autres troubles symptomatiques non moteurs

La constipation

La constipation fait partie des symptômes parkinsoniens non moteurs et touche près d’un patient sur deux. Le système nerveux central permet d’automatiser tous nos mouvements et nos actions. Le déficit des neurones dopaminergiques entraîne une perte de la motricité digestive, les contractions rectales et abdominales disparaissent au cours de l’évolution de la maladie.

Certains médicaments comme ceux prescrits pour diminuer les tremblements génèrent des effets secondaires qui limitent les contractions des muscles digestifs. Par ailleurs, la perte d’autonomie favorise considérablement ce trouble.
 

La perte d’odorat

80 % des patients atteints de la maladie de Parkinson présenteraient une perte de l’odorat. Ce déficit serait un signe avant coureur de la maladie car elle peut précéder les signes moteur de la maladie. Elle se caractérise par une perte totale ou partielle et peut amener le patient à un état anormal d’amaigrissement.
 

L’hypersalivation

L’hypersalivation, ou autrement appelée l’hyper-sialorrhée, se traduit par une incapacité à gérer la salive. Le patient n’arrivant plus à déglutir correctement, la salive s’accumule dans l’oropharynx, ce qui amène le patient à baver. 8 patients parkinsonien sur 10 sont touchés. Cette hypersalivation peut avoir des conséquences importantes sur la qualité de vie sociale et sur l’aspect psychologique du patient. Toutefois, il est possible de suivre une rééducation orthophonique pour améliorer la déglutition. L’orthophoniste pourra ainsi évaluer et proposer des exercices avec une paille ou un élastique par exemple. En cas d’échec, il existe des traitements médicamenteux mais qui peuvent comporter des effets secondaires.


La dépression

60 % des personnes atteintes de la maladie de Parkinson connaissent un état dépressif. Elle peut se manifester à tous les stades de la maladies et peut même être un symptôme déclenchant. La dopamine étant un agent qui agit sur l’humeur de chaque individu, son absence peut conduire à l’installation d’un état dépressif chez le patient. Ce phénomène est accentué par les symptômes eux mêmes qui conduisent à une perte d’autonomie.

On remarque également d’autres symptômes parkinsoniens comme la fatigue, des troubles du sommeil, des troubles urinaires. Le suivi de la maladie passe par différents professionnels de santé. Lorsque la maladie ne présente pas de complication particulière, il est recommandé de consulter :

  • le médecin généraliste tous les 3 mois
  • le neurologue tous les 6 mois
  • le kinésithérapeute 1 à 2 fois par semaine pour des exercices de rééducation
  • l’orthophoniste plusieurs fois par an pour la rééducation de la micrographie et des divers troubles comme celui de la parole et de la déglutition

Il existe également 25 centres experts Parkinson instaurés depuis juillet 2012 dans toute la France. Ils permettent de coordonner les soins entre l’hôpital et le domicile du patient et assurent des programmes personnalisés.

 

Les traitements de la maladie de Parkinson


Les traitements médicamenteux et non médicamenteux ne peuvent pas guérir la maladie de Parkinson mais ils ralentissement considérablement les symptômes et empêchent la maladie d’évoluer trop rapidement.

 

 Le traitement médicamenteux


Plusieurs médicaments sont sur le marché pour ralentir les signes moteurs de la maladie de Parkinson comme les agonistes dopaminergiques, la levodopa, et les anticholinergiques.
 

Les agonistes dopaminergiques

Ce traitement est généralement prescrit aux personnes de moins de 70 ans afin de stimuler les récepteurs de la dopamine et accentuer ainsi la transmission entre les neurones. Ces médicaments provoquent peu de d’effets secondaires moteurs et sont plutôt actifs sur les troubles du comportement. Ils redonnent de l’envie aux patients et favorisent leur créativité. Néanmoins, certains troubles comportementaux peuvent apparaître comme l’addiction au jeu, les achats compulsifs ou des hallucinations.
 

Les anticholinergiques

Ce traitement antiparkinsonien est réservé aux personnes de moins de 60 ans présentant des tremblements. Ils agissent sur l’acétylcholine qui est en fait le neurone qui prend le relais lorsque le neurone dopaminergique ne fonctionne plus. Ils entraînent certains effets secondaires comme la rétention urinaire, la confusion et le glaucome
 

La levodopa

La levodopa, appelée aussi L-dopa, est le traitement de référence et le plus efficace pour lutter contre la maladie de Parkinson. Ce traitement est généralement attribué aux personnes de plus de 70 ans et atteintes de la maladie depuis plusieurs années ou pour lequelles les autres traitements restent inefficaces. Ses effets indésirables provoquent principalement des nausées et des vomissements. D’autres symptômes comme des vertiges et des somnolences peuvent apparaître en début de traitement.


 

Les aides techniques


La prise en charge de la maladie de Parkinson ne se résume pas à un traitement médicamenteux.

La kinésithérapie permet, au début de la maladie, d’assurer et de maintenir l’autonomie des gestes du quotidien tout en préservant la mobilité et l’équilibre du patient. Le kinésithérapeute pourra alors recommander au patient de se munir d’une canne de marche ou d’un déambulateur. A un stade plus avancé de la maladie, le fauteuil roulant manuel ou de confort sera de rigueur. Les séances de kinésithérapie permettent également de réduire les douleurs associées aux raideurs musculaires et limitent ainsi les déformations articulaires.

Le suivi avec un ergothérapeute permet d’adapter l’environnement quotidien du patient avec la maladie. Vous pouvez consulter notre fiche conseil Maintien à domicile : une maison facile à vivre.
L’ergothérapeute va renforcer le travail du kinésithérapeute. Ce professionnel de santé va dans un premier temps évaluer les compétences motrices et psychologiques du patient et ensuite déterminer les besoins selon les habitudes de vie du parkinsonien pour améliorer son autonomie. Elle préconisera l’utilisation de d’assiette à rebord, de couverts adaptés, de bavoir en cas hypersalivation ou de stylo lesté pour faciliter l’écriture.
 

La chirurgie par stimulation cérébrale


La stimulation cérébrale profonde consiste à implanter par voie chirurgicale des électrodes sur le thalamus pour les tremblements. Pour les autres symptômes comme l’hypertonie, les électrodes sont placées soit sur le noyau sous thalamique soit sur le pallidum. Ces implantations permettent de stimuler certaines zones neuronales en leur infligeant un faible courant électrique. Cette chirurgie est davantage destinée aux patients de la maladie de Parkinson dont le traitement médicamenteux ne fait plus effet ou dont les symptômes reviennent plus rapidement. Tout d’abord le patient doit passer un IRM avant l’opération afin que les chirurgiens décident d’implanter les électrodes. Avant de commencer l’opération, le neurochirurgien pose un cadre de stéréotaxie sur la tête du patient qui va servir de repère au millimètre près de la zone à atteindre. Cette opération chirurgicale se déroule sous anesthésie car le crane est ouvert à deux endroits différents et dure entre 4h et 7h.
Lorsque les électrodes sont correctement placées, le neurochirurgien introduit une pile sous la clavicule qui sera reliée ensuite à l’aide d’un câble sous cutané. Il peut ensuite régler l’intensité du courant et effectuer les réglages grâce à une télécommande. Il s’agit d’une chirurgie délicate qui peut déclencher des saignements dans le cerveau.

Le patient devra se rendre par la suite aux rendez vous fixés par le neurologue afin que celui ci règle au mieux les paramètres de stimulation. Ces paramètres seront modifiés au fur et à mesure de l’évolution de la maladie.

Certains vaccins, appelés alpha-synucléines, ont un avenir prometteur sur la maladie mais ne sont qu’au stade de recherche pour l’instant. L’alpha-synucléine est une sorte de protéine présente dans l’organisme qui permettrait de réguler les taux de dopamine et donc de transmettre plus aisément les messages dans le cerveau.



Il est important de rappeler que la maladie de Parkinson reste, à ce jour, incurable et que les personnes atteintes ne meurent pas de la maladie mais plutôt des conséquences de la pathologie. La maladie de Parkinson s’attaque à de nombreux organes comme les reins, les voies respiratoires et le cœur suivant son évolution. A un stade avancé, le patient peut ressentir des difficultés intellectuelles comme des troubles cognitifs et de la confusion. Il existe cependant des signes avant coureurs et certains traitements pour diminuer ses effets. En cas de doute, parlez en à votre médecin et consulter un neurologue.


 

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