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Prothèse de la hanche

June 14, 2018 15:26

La hanche, appelée aussi articulation coxo-férmorale, n’est composée que de deux os, le bassin et le fémur, mais offre une amplitude de mouvements très importante des membres inférieurs. Elle constitue, en effet, la deuxième articulation la plus mobile du corps humain après l’épaule, et permet la flexion et l’extension de la jambe, mais aussi l’adduction et l’abduction, qui correspondent aux mouvements latéraux et médians des membres inférieurs, ainsi que les rotations médiale et latérale qui autorisent les jambes à pivoter légèrement sur elle-mêmes. Combinée à l’action des muscles et des ligaments, cette grande mobilité permet à l’homme de marcher, de courir, de sauter, de se baisser et de se relever mais aussi d’assurer un contrôle parfait de son équilibre lorsqu’il se tient debout. Toutefois, comme tout médaille a son revers, la hanche possède quelques vices cachés qui peuvent s’avérer très handicapants. Supportant le poids du corps et soumise à de nombreuses, voire intenses, activités, cette articulation subit des pressions importantes du fait de la gravité et des vibrations qu’elle encaisse. En fonction de sa condition physique et de sa physiologie, chacun de nous est amené à rencontrer une usure progressive et irréversible pour les cas les plus graves, nécessitant la pose d’une prothèse.

 

 

 

Fonctionnement et pathologies de la hanche

  
Anatomie


Ossature
Pendant longtemps, et encore maintenant dans certaines sociétés traditionnelles, les hanches sont restées associées à la féminité et plus particulièrement à la fertilité. Elles symbolisaient la maturité sexuelle et la capacité d’enfanter plus facilement lorsqu’elles sont plus amples que d’ordinaire. Cette croyance est pourtant le fruit d’un glissement anatomique puisqu’il est plus question du bassin que de l’articulation par elle-même. La hanche correspond en fait au point de liaison entre la tête arrondie de l’extrémité du fémur, l’os supérieur de la jambe, et l’acétabulum, une cavité située de part et d’autres de l’os iliaque, communément appelé le bassin. Recouverts de cartilage, ces deux os bénéficient d’une parfaite fluidité, renforcée par le fibrocartilage qui tapisse l’acétabulum.

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Muscles et ligaments
Les mouvements articulaires sont assurés par de puissants muscles parmi lesquels les trois principaux, à savoir le petit, le moyen et le grand fessier.
  • Le petit fessier
Appelé petit glutéal, le petit fessier est un muscle épais et triangulaire situé sur la face externe du bassin. Il s’étire entre la fosse iliaque et le grand trochanter. Recouvert par le moyen fessier avec lequel il agit en synergie, il permet l’abduction de la cuisse, sa rotation interne et une partie du fléchissement de la hanche.


  • Le moyen fessier
Le moyen glutéal est similaire au petit glutéal dans sa forme. Plus grand, il le recouvre et joint également la fosse iliaque externe et le grand trochanter.
Il assure l’abduction de la cuisse, les rotation interne et externe de cette dernière ainsi que la stabilisation du bassin en position debout.


  • Le grand fessier
Le grand glutéal est constitué de deux faisceaux et recouvrent tous les autres muscles de la fesse. Son faisceau profond s’étend depuis le bassin et le sacrum jusqu’au grand trochanter.
Il stabilise le bassin, garantit l’extension de la cuisse ainsi que sa rotation latérale.


Ces muscles sont reliés aux os du bassin et du fémur par des ligaments dont le rôle principal est, en quelque sorte, de servir de butées à l’articulation afin d’empêcher que des mouvements excessifs ne viennent la désaxer ou la déboîter. Ainsi, quand l’ilio-fémoral maintient le tronc vertical en position debout et interdit toutes adduction et rotation internes excessives de la hanche, le pubo-fémoral limite l’abduction. D’autre part, tout un réseau de ligaments ceinture la tête fémorale dans le but de maintenir le bon emboîtement du fémur dans l’acétabulum du bassin.

    

Pathologies


Parmi les pathologies de la hanche les plus courantes, celles-ci se distinguent selon trois types : traumatique, dégénérative ou vasculaire.

Traumatique
Comme toutes les articulations du corps humain, la hanche est soumise à des pressions diverses et à des chocs qui proviennent de son interaction avec les éléments extérieurs. Il n’est pas rare qu’une chute, un coup ou un mouvement brusque ne vienne fragiliser ses muscles et ses ligaments, voire ses os. C’est le cas de la luxation qui entraîne une perte d’adhérence entre la tête fémorale et la cavité de l’acétabulum avec comme perspective plus sérieuse le désengagement potentiel de l’articulation. Hormis une mobilité plus difficile, notamment au travers d’un boitement de la jambe, la luxation peut occasionner des lésions ligamentaires et musculaires ainsi que l’érosion osseuse du fémur et du bassin qui peuvent à terme empêcher l’articulation de se remettre totalement ou de se maintenir sur la durée. Dans certains cas (les différentes études parlent de 1 sur 1000), le bébé peut naître avec une luxation congénitale de la hanche. Cette anomalie qui, d’origine génétique, traumatique quand le bébé se présente par le siège ou simplement physiologique, peut s’avérer très handicapante au fil du temps avec un boitement et des douleurs sur le long terme. Un contrôle régulier dès les premiers mois est impératif.
L’autre traumatisme fréquent et bien plus handicapant concerne le col du fémur et sa fracture. Véritable hantise des personnes âgées, elle survient suite à une chute et touche la partie du fémur située entre le trochanter et la tête positionnée dans l’articulation. Cette fracture provoque de vives douleurs et l’incapacité de se relever et de se déplacer avec la sensation que la jambe se dérobe.

Dégénérative
La deuxième type de pathologie est dite dégénérative et correspond à  une érosion naturelle plus ou moins rapide en fonction de facteurs physiologiques, génétiques mais aussi comportementaux (hygiène de vie). Elle concerne le cartilage dont l’usure au fil du temps implique une arthrose que l’on nomme plus spécifiquement coxarthrose lorsqu’elle se produit au niveau de la hanche. Les causes de cette dégénérescence cartilagineuse sont très difficiles à identifier. Toutefois, elles peuvent être classées de cette manière :
Elle est dit primitive quand ces symptômes apparaissent sans raison apparente, précoce quand elle intervient avant 45 ans, destructrice rapide quand sa dégénérescence se produit en moins de deux ans et enfin secondaire lorsqu’elle se manifeste suite à une luxation ou une fracture.
Ces symptômes sont proches de ceux des pathologies traumatiques, à savoir des douleurs liées aux frottements des os, des difficultés à marcher et une boiterie qui se manifeste par un dandinement de la hanche à chaque pas.

Vasculaire
Enfin, un défaut de vascularisation de la tête fémorale peut provoquer une nécrose aseptique qui entraîne progressivement la mort des tissus osseux. Cette maladie peut être idiopathique, c’est à dire sans causes apparentes, ou advenir suite à un traumatisme, à la prise de certains médicaments, comme des corticoïdes ou des antirétroviraux, une consommation régulière et fréquente d’alcool, la chimiothérapie ou encore des troubles sanguins.


Que la cause soit traumatique, dégénérative ou vasculaire, le dysfonctionnement de la hanche s’avère très handicapant et ne peut être traité autrement que par une intervention chirurgicale. En effet, si des immobilisations de l’épaule, du coude, voire de la cheville sont envisageables, celle de la hanche est beaucoup plus contraignante et douloureuse. Et afin d’éviter son isolement social et sa perte d’autonomie, il est bien souvent proposé au patient une intervention chirurgicale qui consiste à  remplacer l’articulation par une prothèse.


 

Intervention chirurgicale et Rééducation


Avant toute intervention, les spécialistes analyseront les différentes données physiologiques du patient et l’état de gravité de la pathologie. Même si la pose de prothèse de hanche est devenue une opération très fréquente, il existe des traitements alternatifs à partir de médicaments, d’anti-inflammatoires ou encore d’infiltrations.

 

Solutions alternatives

En cas d’arthrose ou de nécrose légères, il est possible de soulager les douleurs et les poussées inflammatoires par la prise d’antalgiques et d’anti-inflammatoires non stéroïdiens. Ils peuvent être administrés par voie orale ou sous la forme de crèmes et de gels qui s’appliquent par massage directement sur la zone concernée. Cependant, afin de s’éviter tout effet secondaire et désagrément digestif lors de la prise orale, il convient de respecter la posologie et de suivre un traitement en accord avec son médecin. D’autant plus qu’ils n’auront pas vraiment d’effet guérisseur. Ils permettent juste de soulager les douleurs et les gênes dans l’espoir que le retour à une hygiène de vie plus saine associée à une perte de poids et des activités physiques régulières finissent par stopper l’aggravation de la pathologie. Leur usage doit demeuré de courte durée et seulement dans le but de soulager une crise de douleurs, le risque étant de forcer l’articulation au lieu de la laisser au repos.
        
D’autre part, l’infiltration de corticoïdes aura également une action bénéfique sur les douleurs mais très peu sur la résorption de la nécrose ou l’usure du cartilage. Ces deux solutions sont ainsi destinées à retarder la chirurgie et à soulager le patient pendant les quelques mois qui offrent au praticien le loisir de mieux appréhender l’évolution de la maladie.
 

Arthroplastie

Quand plus aucun traitement ne parvient à soulager le patient ou à stopper sa claudication, l’arthroplastie de la hanche est alors envisagée. Cette opération chirurgicale est bien plus fréquente qu’on pourrait le penser et demeure parmi les plus fiables dans le domaine de l’orthopédie. Elle consiste à enlever les parties osseuses défaillantes, à savoir la tête fémorale et l’acétabulum pour les remplacer respectivement par une tige métallique munie d’une tête semblable à celle du fémur et une cupule dans laquelle cette dernière sera insérée. Pour autant, chaque prothèse n’est pas définitive, qu’elle soit partielle ou totale, et fera l’objet d’un ou plusieurs remplacements en fonction de l’âge du patient.

Prothèses partielles
Dans certains cas, il n’est pas nécessaire de remplacer les deux parties de la hanche mais seulement la tête fémorale. On parle alors de prothèse partielle de la hanche ou prothèse céphalique. Elle implique toutefois que le cotyle, la cavité du bassin sensée accueillir la tête fémorale, soit intacte. Toutefois, qu’elle soit en acier, en céramique ou en polyéthylène, la prothèse fémorale peut occasionner une usure importante du cartilage et de la surface de l’acétabulum. Et même si certaines prothèses dites intermédiaires bénéficient d’une articulation supplémentaire entre leur tige et leur tête, l’érosion du cotyle conduit le plus souvent à une prothèse totale avec l’ajout d’une cupule en lieu et place de la cavité du bassin. Les prothèses partielles sont majoritairement destinées aux personnes âgées peu actives.      

Prothèses totales de la hanche
Ce type d’opération qui suppose ainsi un remplacement à la fois de la tête fémorale et du cotyle du bassin est prescrite aux patients dont l’activité physique demeure un moteur au quotidien et s’adresse ainsi aux personnes actives. Elle se décide en accord avec différents spécialistes, comme un anesthésiste et un cardiologue, et demande un bilan pré-opératoire avec prise de sang et radiographie. L’opération qui ne dure en moyenne que 1h30, voire deux heures maximum, débute par une légère incision d’environ 6 à 12 cm de long au niveau du bord de la hanche. Une fois l’extrémité supérieure du fémur retirée et la cavité légèrement fraisée, la tige de la prothèse fémorale est insérée dans l’os et la cupule positionnée dans le cotyle. Il suffit ensuite d’emboîter les deux parties de la prothèse avant de refermer la plaie. Selon le type de prothèse et la densité des os, un ciment semblable à celui qu’utilise les dentistes sera utilisé pour renforcer la fixation de la tige et de la cupule.

Convalescence et rééducation
Après les quelques jours d’hospitalisation, la convalescence passe par une alternance entre des phases de repos et des exercices de rééducation primordiaux à une reprise d’activité. Si le retour au travail ou à une activité normale demande un laps de temps de 3 mois, variable selon le type de travail et le profil physiologique du patient, ce dernier aura de régulières séances de kinésithérapie qui l’accompagneront dans le réapprentissage de sa mobilité basique telle que la marche, l’ascension d’un escalier, l’assise et la levée d’une chaise ou encore la montée ou la descente de voiture. Tous ces petits gestes du quotidien peuvent êtres sources de douleurs et de contraintes s’ils ne sont pas convenablement réalisés lors de la reprise d’activités. Dès les premiers temps, les béquilles seront le compagnon idéal du patient dans la perspective de limiter les pressions sur l’articulation encore fraîche de la hanche.
        

Précautions au quotidien 
  • La mobilité diurne et nocturne
Le contrôle quotidien de la plaie et le respect de son hygiène favoriseront sa cicatrisation et limiteront les risques d’infections, en particulier dans les 3 premiers jours, avant que les drains de redon (tuyaux qui aspirent le sang afin d’éviter la formation d’hématomes) ne soient retirés.
Par ailleurs, afin de limiter au maximum les risques de luxations dans les premières semaines, il est conseillé de ne pas croiser les jambes, de ne pas s’accroupir et de ne pas tenter de flexion forcée et trop soudaine. La nuit est d’ailleurs particulièrement sensible du fait que l’on contrôle moins facilement son corps et ses mouvements, surtout si l’on est soumis à des sommeils agités. Pour beaucoup d’entre nous, le premier réflexe lorsque l’on dort sur le dos est de croiser les jambes. Pour éviter cette manie et les éventuelles luxations évoquées plus haut, des coussins de positionnement se placent entre les jambes pour empêcher toute subduction. C’est la cas du coussin de positionnement décubitus ou du 1/2 bouée lorsqu’il est utilisé de manière combinée avec un cylindrique. D’autres encore sont spécialement conçus pour les personnes qui dorment en position latérale.
Que ce soit lors du coucher ou lors du lever, la prise d’appui sur les deux mains réduit fortement les pressions du corps sur la hanche et évite les faux mouvements. Il est également conseillé de relever le buste à la verticale avant de pivoter en dehors du lit. Enfin, si votre lit est trop bas, il est susceptible de provoquer une flexion trop importante de la hanche, propice aux douleurs et à la luxation. Des rehausseurs pourront ainsi être placés sous les pieds du lit afin de redonner une hauteur convenable à votre sommier.
  • La salle de bain et les toilettes
Lors des premiers mois avec une prothèse de hanche, la salle de bain peut vite devenir un endroit semé d’embûches. L’accès à la baignoire est ainsi plus difficile et propice à la luxation ou à la chute. Pour éviter des mouvements trop amples, des marche-pieds, des barres d’appui, des disques de transferts ou encore des élévateurs de bain accompagneront les patients en fonction de leur degré de mobilité. De la même manière, des tapis antidérapants posés dans la baignoire ou la cabine renforceront la stabilité du corps.
En ce qui concerne les toilettes, les réhausseurs de WC sont très indiqués du fait qu’ils empêchent une trop importante flexion de la hanche et ainsi la sollicitation de la prothèse.
  • Sexualité et activité sportive
En ce qui concerne la sexualité, les rapports sont bien évidemment possibles pendant la convalescence au même titre que le sport. Toutefois, si les positions qui sollicitent un peu trop la hanche sont vivement déconseillées, celles qui ne demandent pas de contorsions et qui se résument à une attitude passive seront en revanche recommandées.
De la même manière, les sports d’athlétisme et ceux qui sollicitent les membres inférieurs comme le football ou le basket-ball sont à proscrire, au contraire de la natation qui est fortement conseillée.



Très courante, la pose chirurgicale d’une prothèse de hanche demeure le seul remède véritable contre la perte d’autonomie et les douleurs liées à une arthrose ou une fracture du col du fémur, en particulier si le patient est encore actif et relativement jeune. Cette opération implique cependant une longue convalescence et ne garantit pas une pérennité totale de la prothèse, surtout avec l’âge avançant. De plus, son succès est conditionné par la condition physique du patient, sa morphologie et son hygiène de vie, qu’elle soit alimentaire ou comportementale. Les progrès de la science et l’arrivée des nouvelles technologies sèment ici est là les germes de nombreux espoirs tout autant chez les victimes que chez les spécialistes. En effet, depuis quelques années et le développement des imprimantes 3D, notamment, il est possible de réaliser des prothèses personnalisées à partir des données anatomiques du patients récupérées lors d’IRM ou de scanner. Par ailleurs, les avancées de la thérapie génique ont permis aux chercheurs d’expérimenter la culture de cartilage à partir de cellules souches sous cutanées qui permettraient ainsi de reproduire l’articulation originelle dans sa totalité et ainsi limiter les frottements, sources de douleurs. Toutefois, toutes ces recherches demeurent spéculatives et méritent encore quelques années de maturation.


Sources photos : wikipedia.org

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