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Soigner l'apnée du sommeil

October 25, 2018 09:34

Le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS), désigné plus généralement sous le nom d’apnée du sommeil est un trouble respiratoire qui se manifeste sous la forme de pauses respiratoires involontaires qui affectent le repos nocturne. Il représente 4 % de la population française et impacte de manière plus ou moins importante sur le sommeil et par extension sur l’état de fatigue général de la personne touchée. Dans les cas les plus sérieux ou non détectés, l’apnée du sommeil aura même un effet néfaste sur le système cardiovasculaire. Pour autant, les symptômes sont, pour la plupart, relativement difficiles à cerner, surtout dans le premiers temps, d’autant plus que les facteurs de risques sont nombreux et se partagent avec d’autres pathologies. Equipmedical vous propose d’explorer les mécanismes de l’apnée du sommeil, de détailler ses symptômes ainsi que ses causes et de faire un inventaire des différentes solutions et appareillages disponibles sur le marché.

 

Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?

Mécanismes

Bien qu’il comporte encore de nombreux mystères pour la science, le sommeil occupe une place déterminante, pour ne pas dire vitale, dans le fonctionnement de l’organisme. Cet état restreint de conscience et de vigilance, auquel nous succombons naturellement chaque nuit, nous permet, en effet, de restaurer une grande partie de nos fonctions biologiques et mentales, comme la régénération des tissus, la stimulation de nos défenses naturelles et la réorganisation des informations accumulées au cours de la journée dans la mémoire. Le sommeil est similaire à une mise en cale sèche pour réparation. Son impact sur l’état de santé de tout à chacun est, par conséquent, primordial et conditionne notre condition physique (niveau de fatigue, sensibilité aux maladies et aux virus….) ainsi que notre condition mentale (capacité à se concentrer, lucidité, état émotionnel). Comme nous le verrons, il influe également sur le système cardiovasculaire.

L’apnée du sommeil agit comme un grain de sable dans le rouage complexe du sommeil, ou plutôt comme une série de grains de sable quand elle est particulièrement récurrente. Elle se manifeste par des arrêts respiratoires (apnées), incontrôlés, qui perturbent l’état de veille de la personne concernée. Bien que le cerveau soit en état de conscience restreinte, il conserve une vigilance minime sur les systèmes sympathiques, comme celui de la respiration. Lorsque cette dernière connaît une coupure anormalement longue (entre 10 et 30 secondes) et dangereuse pour l’intégrité de l’organisme, le cerveau envoie un signal de réveil pour avertir la conscience et lui demander de reprendre le contrôle de la respiration. Ces micro éveils sont le plus souvent imperceptibles, car très brefs. Ils perturbent néanmoins l’état de sommeil qui devient discontinu et, à terme, restraignent le repos réparateur qu’il est sensé procurer.
Le niveau de gravité de l’apnée du sommeil se mesure en fonction du nombre d’apnée:
  • Entre 5 et 15, on parle d'apnée légère ;
  • Entre 16 et 30, l'apnée est modérée ;
  • Plus de 30, l'apnée du sommeil devient sévère.
     

Causes

L’apnée sont le plus souvent dues à une obstruction de la gorge suite au relâchement de ses muscles et ceux de la langue qui vient se plaquer contre sa paroi interne. Ce phénomène réduit considérablement le passage de l’air au point de le bloquer totalement. Les poumons ne sont ainsi plus alimentés en oxygène et ne peuvent rejeter le dioxyde de carbone, mettant en alerte le « système de sécurité » de l’organisme. 
Il existe de nombreuses causes et facteurs qui conduisent à l’apnée du sommeil. 
L’âge et le surpoids en sont les principaux représentants. La perte de tonicité des muscles d’un côté et l’excès de graisse au niveau du cou de l’autre favorisent, en effet, l’obstruction de la gorge. Concernant, l’âge, l’estimation moyenne partagée par la plupart des spécialistes et des institutions évoque 65 ans comme le premier palier important, touchant un tiers de la population, ce à quoi il faut ajouter que les hommes sont deux fois plus touchés que les femmes.
D’autre part, des traumatismes ou des malformations génétiques au niveau de la mâchoire ou de la gorge sont bien évidemment des facteurs de risques importants, tout comme des antécédents sévères ou récidivants de pathologies ORL (oto-rhino-laryngologiques).
Tout excès nocifs sur l’organisme comme le tabac, l’alcool ou encore l’abus de médicaments, comme les anxiolytiques et les somnifères notamment, favorisent les apnées obstructives.
Enfin, un autre type d’apnée intervient suite à des pathologies cardiovasculaires (insuffisance cardiaque, AVC, infarctus du myocarde) ou neurologiques (maladie de Parkinson, méningite) qui dérèglent le fonctionnement du cerveau et l’empêchent d’ordonner la respiration. Cette apnée est dite « centrale ». De nombreux patients sont soumis à des apnées désignées comme « mixtes » qui alternent entre des apnées obstructives et centrales.

 

Symptômes

Même s’ils ne sont pas inévitablement reliés au syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil, les ronflements peuvent être toutefois un signe avant-coureur. Ils seront dignes d’intérêt s’ils sont particulièrement sonores et quotidiens. En revanche, si la respiration connaît des épisodes haletants pendant le sommeil, parsemée, par ailleurs, de réveils avec une sensation d’asphyxie, il est fort probable que ce soit le signe d’une apnée du sommeil prononcée. Le besoin d’uriner peut être aussi un symptôme éloquent s’il se produit plusieurs fois dans la nuit. Mais le signe principal de l’apnée installée demeure un état de fatigue récurrent et incompréhensible au cours de la journée. Dans ce cas, il est grandement temps de consulter.

 

Quelles sont les complications possibles de l’apnée du sommeil ?

Au-delà d’un sommeil discontinu et de la sensation de fatigue en journée, l’apnée du sommeil, qu’elle soit obstructive, centrale ou mixte, est sujette à de nombreuses complications plus ou moins graves, en fonction de sa sévérité.

Elle touche, dans un premier temps, le système cardiovasculaire par un déficit d’oxygène apporté au cerveau. En effet, la brièveté des coupures de la respiration est largement compensée par leur récurrence. De plus, chaque micro-éveil initié par le cerveau provoque une augmentation du rythme cardiaque et, par extension, de la pression artérielle. Ces phénomènes couplés, s’ils ne sont pas pris en charge, peuvent conduire plus ou moins rapidement, selon l’âge et la fragilité du patient, à de l’hypertension, de l’insuffisance cardiaque, des AVC ou des infarctus du myocarde. L’apnée peut être aussi la source d’une arythmie cardiaque, elle-même source des différentes pathologies désignées ci-dessus.

La fatigue diurne est également propice à la mauvaise humeur, l’irritabilité et, si elle s’accroît, à des formes de dépression qui peuvent s’avérer inquiétantes. Des troubles de la libido et la propension à l’isolement peuvent être, par ailleurs, sous-jacents à la mauvaise humeur qui s’installe.

Enfin, cette fatigue provoque des somnolences qui ne peuvent pas toujours être satisfaites par une vie active moyenne. L’accumulation de retard de sommeil peut s’avérer juste embarrassante en cas d’assoupissement lors d’une réunion, ou mortelle si le sommeil nous submerge au volant.

 

Quels sont les traitements de l’apnée du sommeil ?

Médicaments

A ce jour, aucun médicament destiné à soigner directement le syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil n’est disponible. Les seuls traitements ayant un impact indirect sur ce trouble concernent les pathologies en causes ou aggravantes comme les maladies touchant la zone ORL (Rhinite, laryngite notamment). D’autre part, les solutions d’inhalation et certaines huiles essentielles permettront de dégager les voies respiratoires avant le coucher et limiter ainsi les épisodes d’apnées.

 

Appareillages

Les traitements les plus fiables pour traiter une apnée du sommeil sont encore les dispositifs mécaniques qui facilitent le passage de l’air en maintenant les voies respiratoires ouvertes. Il en existe plusieurs sortes.

Orthèse mandibulaire
Dans un premier temps, une orthèse mandibulaire moulée à partir de la mâchoire du patient sera préconisée. Insérée dans la bouche au moment du coucher, elle a pour fonction d’effectuer une poussée vers l’avant de la mâchoire inférieure, et avec elle de la langue, dans le but de les empêcher toutes deux de s’affaisser sur la gorge et ainsi d’obstruer le passage de l’air. Cet équipement médical suppose bien entendu une bonne dentition, excluant les personnes âgées portant un dentier, et concerne les apnées du sommeil légères à modérées. 

PPC
Dans un second temps, si l’orthèse demeure insuffisante à soulager le patient de ses « asphyxies » nocturnes, un dispositif plus sophistiqué et autonome sera mis en place. On parle dès lors d’un traitement par ventilation nocturne PPC, acronyme de Pression Positive Continue. Cet équipement médical se compose d’un petit appareil à turbine qui délivre de l’air sous pression (légère mais suffisante pour maintenir la paroi interne de la gorge ouverte) relié à un masque à oxygène par une tubulure souple. Afin de supporter les éventuels mouvements nocturnes du patient, le masque est équipé d’un harnais et se compose d’une texture souple.
Il est possible d’adapter plusieurs types de masques en fonction de la préférence du patient : masques narinaires ou couvrant l’ensemble du nez et de la bouche.
D’autre part, le niveau de pression sera défini par le médecin ou le spécialiste en fonction de la sévérité des apnées du sommeil. Une observation médicale sera d’ailleurs réalisée au préalable sur le patient pendant une nuit ou plusieurs afin de déterminer son niveau de gravité.
Relativement contraignant pour le patient et son entourage, ce dispositif PPC est préconisé à partir de 30 apnées/hypoapnées par heure d’enregistrement de sommeil ou lorsque cet indice est compris entre 15 et 30 apnées/hypoapnées par heure, impliquant par ailleurs 10 micros-éveils par heure et un risque élevé d’une maladie cardiovasculaire associée.

 

Chirurgie

Bien que la ventilation nocturne PPC soit le traitement le plus efficace et le moins dangereux, il peut s’avérer totalement inadapté en raison de la morphologie du patient ou de malformations anatomiques. C’est seulement dans ce type de cas que la chirurgie sera envisagée pour la réduction des troubles de l’apnée du sommeil, sans la garantie, cependant, de régler définitivement les problèmes.

Plusieurs opérations sont possibles. L’une d’elles consiste à enlever la luette et une partie du palais mou afin de faciliter les voies respiratoires. Une autre encore effectue l’ablation des amygdales et des végétations adénoïdes lorsque celles-ci sont gonflées et obstruent la gorge. Elle est particulièrement fréquente chez les enfants. La chirurgie du nez et des sinus peut être aussi efficace contre les apnées mais la plus radicale, et aussi la plus rare, demeure la trachéotomie qui se résume à la percée d’un trou dans la trachée afin de court-circuiter les voies respiratoires hautes pendant la nuit. L’orifice est généralement bouché au cours de la journée pour restaurer une respiration normale.

 

Comment vivre avec une apnée du sommeil au quotidien ?

Outre les contraintes physiologiques qu’elles impliquent sur l’état de santé général du patient, les apnées du sommeil supposent également des contraintes d’hygiène de vie et de comportement à adopter au quotidien pour ne pas aggraver les troubles et mieux vivre avec les différents traitements, en particulier, la ventilation nocturne PPC.
 

Hygiène de vie et de sommeil

La position du corps dans le lit est primordiale à une bonne nuit de sommeil. En effet, il est fortement recommandé de dormir sur le côté afin d’éviter que la mâchoire et la langue ne viennent s’affaisser contre la paroi interne de la gorge. Les fournisseurs proposent, d’ailleurs, des accessoires de lit adaptés comme l’oreiller Respi dont la découpe singulière empêche que les tuyaux du masque ne se coincent sous le visage du patient. Des accessoires médicaux, comme le coussin de positionnement cylindrique KLE, vous empêcheront de vous retourner dans votre sommeil.

Les sédatifs tels que les somnifères et les anxiolytiques ne sont pas conseillés, car bien qu’ils facilitent l’endormissement, ils ont aussi tendance à relâcher les muscles de la langue et de la mâchoire.
La pratique régulière d’un sport permet à la fois de perdre du poids et de renforcer le système cardiovasculaire. Elle assure également le dégagement des voies respiratoires.
Le tabac est bien évidemment proscrit en cas d’apnées du sommeil. Il l’est également en temps normal et doit être associé une consommation modérée d’alcool afin de prévenir toute aggravation. En effet, ce dernier a tendance à baisser de façon plus importante la vigilance du cerveau et à favoriser le relâchement musculaire.
 

Suivi médical

Le suivi des consignes médicales prescrites par votre médecin doit être respecté à la lettre, même quand le sentiment d’inefficacité prédomine au début de chaque programme. La ventilation nocturne PPC a souvent besoin de temps avant de montrer les premiers signes d’amélioration. N’hésitez pas à échanger avec votre médecin pour qu’il adapte au mieux le traitement à votre cas.
D’autre part, si votre syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil est particulièrement sévère et que vous êtes amené à vous déplacer souvent en voiture, des tests de somnolence diurne seront recommandés.



L’apnée du sommeil est un trouble respiratoire qui peut s’avérer contraignant dans un premier temps et grave s’il n’est pas traité correctement. Ces complications peuvent être d’ordre cardio-vasculaire et entraîner des troubles mortels tels que l’infarctus du myocarde. Difficile à déceler, surtout lorsque l’on vit seul, cette pathologie se manifeste le plus souvent par une grande fatigue diurne et la sensation d’asphyxie au cours de la nuit. Dès les premiers symptômes, même s’ils ne sont finalement pas très spécifiques, il est impératif de consulter et de procéder à des tests. Le traitement le plus efficace pour soigner l’apnée du sommeil demeure la ventilation nocturne PPC qui reste toutefois contraignante pour le patient, du fait de son dispositif. Cela dit, avec les avancées technologiques, des équipements sont désormais plus petits, silencieux et peuvent même suivre le patient lors de ses voyages.
 

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