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Surdité, quelles solutions pour l’audition ?

July 19, 2018 10:28

Siège de l’ouïe chez les mammifères, l’oreille assure la captation des ondes sonores environnantes, plus ou moins proches, et leur transformation en signaux nerveux qui seront ensuite interprétés par le cerveau. Associée à la bouche et aux yeux, elle participe à la faculté de l’homme à interagir avec le monde extérieur et sa capacité à communiquer avec autrui via le langage. Elle lui permet également d’appréhender les divers stimuli et dangers qui l’entourent tout en l’aidant à se repérer dans l’espace grâce au vestibule de l’oreille interne qui perçoit le positionnement angulaire de la tête. Il est ainsi aisé d’appréhender les différents handicaps qu’une surdité même minime pourrait entraîner, à commencer par l’isolement social lié à la perte totale ou partielle de compréhension d’autrui et l’incapacité de communiquer de manière fluide. S’articulant autour d’un mécanisme neurobiologique complexe et fragile, l’oreille sous-entend un spectre assez large de pathologies plus ou moins handicapantes, en fonction de leur localisation et du degré de sévérité. Et même si la guérison totale de la surdité n’est que très rarement effective, il existe, heureusement, de nombreux équipements médicaux et accessoires pour pallier la plupart des dommages.
 

 

Typologie de la surdité




Du point de vue anatomique, l’appareil auditif se compose de trois parties dont une seule est visible. L’oreille externe, regroupe le pavillon et le conduit auditif externe. Sa forme particulière assure la concentration des sons et leur acheminement vers l’oreille moyenne. Cette dernière permet la transmission de l’onde sonore grâce aux mouvements du tympan qui articule le marteau, l’enclume et l’étrier auxquels il est relié. Les vibrations obtenues sont ensuite prolongées par les osselets vers l’oreille interne qui les transforme en signaux nerveux via la cochlée et le vestibule. Ceux-ci sont enfin analysés par le cerveau qui en définit une « image » mentale. Les troubles de la surdité peuvent intervenir au niveau de chacune de ces zones pour différents effets et se distinguent ainsi en trois types.

 

Surdité de transmission

Ce trouble est localisé dans les zones externe et moyenne de l’oreille. Il correspond le plus souvent à une obstruction du conduit auditif par un bouchon de cérumen, voire un corps étranger, ou une infection du tympan et des osselets.
La principale cause de la surdité de transmission se résume aux otites et aux éventuels traumatismes sonores qui risquent d’endommager la mécaniques de l’articulation ossiculaire. D’origine bactérienne ou mycosique, l’otite se manifeste par une inflammation de la muqueuse de l’oreille et par la sécrétion, dans certains cas, de mucus qui va tapisser le zone infectée et l’irriter. Elle s’accompagne d’une légère surdité qui disparaît avec la rémission. Toutefois, même si elles sont généralement bénignes et faciles à soigner, certaines otites peuvent devenir chroniques et causer des dégâts irréversibles comme le percement du tympan, notamment. C’est le cas des cholestéatomes qui se caractérisent par un kyste formé de surplus d’épiderme issu de la desquamation qui provoque des infections et la destruction de structures osseuses en grossissant.
L’autre responsable de la surdité de transmission se nomme l’otospongiose, celle-là même qui altéra l’oreille de Beethoven. De nature généralement héréditaire, cette maladie provoque la croissance anormale des osselets de l’oreille moyenne et plus particulièrement de l’étrier, les empêchant de vibrer convenablement et de transmettre les vibrations sonores vers l’oreille interne.
Enfin, une exposition prolongée à un bruit intense peut être aussi la cause d’un traumatisme temporaire ou définitif du tympan et des osselets de l’oreille moyenne. Afin de préserver son ouïe de ce type de dommages lors de concerts ou d’activités en lien avec des machines bruyantes, les bouchons d’oreilles sont l’accessoire idéal.

D’une manière générale, la surdité de transmission affecte les fréquences basses et se manifeste par une légère baisse de l’intensité sonore. Elle n’occasionne pas pour autant de perte de compréhension et peut être résorbée par des traitements médicamenteux, reconstruction osseuse ou appareillage.

 

Surdité de perception

Située au niveau de l’oreille interne, la surdité de perception affecte la partie nerveuse de l’appareil auditif, celle qui réceptionne le message vibratoire et le transforme en signal neuronal. Plus complexe, elle peut toucher la cochlée, le nerf auditif, ou bien encore le cortex cérébral et perturbe le codage du message sensoriel qui sera mal, voire pas du tout, retransmis au cerveau. Elle peut être totalement indépendante de troubles de l’oreille externe dont l’examen otoscopique ne montre aucune trace d’obstruction
L’une des premières raisons, et sans doute la plus naturelle, concerne ce qu’on appelle la presbyacousie. Ce phénomène, similaire à la presbytie pour les yeux, correspond au vieillissement cellulaire et englobe une progressive rigidité des osselets ainsi que la perte des cellules ciliées qui permettent la transduction mécano-électrique, c’est à dire la transformation du message sonore en message nerveux. Ciblée sur la cochlée, elle se manifeste par une baisse de l’audition et la nécessité d’un appareillage pour les personnes les plus touchées. Généralement perçue vers l’âge de 60 ans, la presbyacousie dépend également beaucoup de la physiologie de la personne et de sa qualité de vie.
La surdité de perception peut être également d’ordre génétique et apparaître dès le plus jeune âge, voire à la naissance. Des examens sont, d’ailleurs, systématiquement réalisés après l’accouchement afin de prévenir tout dysfonctionnement susceptible de considérablement freiner le développement du langage.
L’otospongiose est susceptible de porter atteinte à l’oreille interne par calcification de son labyrinthe osseux. De nature hormonale, cette maladie se développe généralement pendant la grossesse.
La maladie de Ménière, dont l’étiologie est peu connue, touche quant à elle le labyrinthe membraneux et se manifeste par une triade symptomatique : vertiges, acouphènes et surdité.
Les traumatismes sonores liés à une écoute prolongée de musique à haut niveau de volume ou à la sollicitation par de hauts décibels dans le cadre du travail sont aussi des facteurs de fortes nuisances et peuvent endommager sérieusement la mécanique de l’oreille interne, tout comme certains médicaments : les antibiotiques des familles des aminosides et des macrolides, des anti-inflammatoires non stéroïdiens pris à forte dose (aspirine, phénylbutazone, ibuprofène, etc), des diurétiques (furosémide, bumétanide), des anti-paludéens (quinine et chloroquine lors de long traitements) ainsi que les chimiothérapies à base de cisplatine, de vincristine, de moutarde azotée ou encore de carboplastine.

 

Surdité mixte

Comme son nom l’indique, la surdité mixte est une combinaison d’au moins deux troubles qui touchent respectivement l’oreille externe et l’oreille interne. Ils découlent d’ailleurs, bien souvent, l’un de l’autre. C’est en effet le cas lorsqu’une infection chronique a endommagé le tympan et les osselets avant de se répercuter sur les liquides de l’oreille interne.

 

Surdité brusque

Plus rare, cette surdité intervient instantanément sans aucun signe avant-coureur. Elle est le plus souvent causée par un traumatisme crânien violent, un changement de pression brusque (accident de plongée), une infection virale ou un accident vasculaire.  


 

Surdité : traitements et appareillages auditifs

Avant toute mise place d’un traitement, qu’il soit thérapeutique ou matériel (appareillage), il sera nécessaire de réaliser un diagnostic afin de déterminer le type de surdité et son degré de sévérité. Ce dépistage s’effectue selon plusieurs méthodes qui peuvent être combinées et réalisées à tous les âges.

 

Diagnostic

  • Audiométrie tonale
Test auditif le plus fréquent et le plus connu, l’audiométrie tonale consiste en l’émission de différentes fréquences sonores dans les oreilles par voie aérienne et voie osseuse. Il s’effectue lors de visites médicales scolaires puis professionnelles de routine, ou suite à un trouble ou un trauma susceptible d’avoir endommagé l’acuité sonore. Placé dans une cabine insonorisée avec un casque sur les oreilles, le patient est dans un premier temps sollicité par des sons purs dont le médecin varie à la fois la fréquence et l’intensité afin de déterminer le seuil de transmission (oreille externe).
Puis le son est envoyé à l’aide d’un vibrateur osseux placé sur le crâne du patient, juste derrière l’oreille afin de contrôler le seuil de perception (oreille interne). Il en résulte deux courbe sur un diagramme qu’il peut ainsi interpréter pour donner un premier diagnostic, selon 5 degrés de surdité :

Surdité légère : la perte se situe entre 20 et 40 dB ;
Surdité modérée : la perte se situe entre 40 et 70 dB ;
Surdité sévère : la perte se situe entre 70 et 90 dB ;
Surdité profonde : la perte est supérieure à 90 dB ;
Surdité totale : pas d’audition mesurable.
 
  • Audiométrie vocale
En complément du test tonal, l’audiométrie vocale permet d’évaluer plus profondément la perception des mots et ainsi la compréhension. Elle utilise le même mode opératoire que la audiométrie tonale par voie aérienne à la différence que les sons font place à des mots que le patient est invité à répéter dès qu’il les entend.

 

Approche pharmacologique

En cas d’otite ou d’infection, des antibiotiques seront prescrits soit par voie orale soit en gouttes distillées directement dans les oreilles, après vérification préalable que le tympan n’a pas été percé. La toxicité de certaines molécules pourrait en effet endommager l’oreille interne. Par ailleurs, les traitements antibiotiques et anti-inflammatoires sont instaurés sur de courtes périodes.

    

Appareillage externe

L’aide auditive est particulièrement utilisée dans le cadre de la presbyacousie et de surdité légère à moyenne. Composé d’un embout auriculaire et d’un petit boîtier se plaçant derrière l’oreille ou directement dans le conduit auditif, l’appareil auditif permet d’intensifier le signal sonore afin de délivrer une onde plus importante vers le tympan. Il existe deux types principaux de dispositifs qui se distinguent par leur type d’amplification.

Les assistants d’écoute amplifient toutes les fréquences sonores de manière égale. Seul le degré général d’intensité peut être varié. Ils ont l’avantage d’être relativement peu coûteux et d’être en achat libre.Nous vous proposons d’ailleurs quelques modèles sur notre notre site parmi lesquels :  l’aide auditive Beurer HA20, l’aide auditive intra-auriculaire Identités ou encore l’assistant d’écoute Sonalto.

Des appareils auditifs plus sophistiqués ont profité des derniers progrès technologiques pour offrir une perception du son plus précise et proche de celle de l’oreille. Ces équipements ont en effet la capacité de filtrer automatiquement les fréquences et d’effacer les bruits de fond afin de réduire au maximum la fatigue auditive relative aux ambiances sonores particulièrement riches comme celles des repas de famille ou de certains espaces publics. Ils supposent un coût plus important et un accompagnement médical par un audioprothésiste.

Toutefois, et ce malgré leur miniaturisation et leur discrétion, ces assistants d’écoute souffrent d’une d’un certain désamour de la part des patients pour leur aspect stigmatisant. Ils sont bien souvent installés en dernier recours. Pourtant, une utilisation précoce permet d’éduquer plus facilement l’oreille et le cerveau qui conserveront une plus grande faculté d’écoute et d’interprétation du message malgré la progressive perte d’audition.

 

Accompagnements au quotidien

En complément de ses appareils auditifs, il existe également des accessoires qui facilitent la vie des personnes malentendantes au quotidien. Certains téléphones sont en effet conçus spécialement pour les personnes portant un appareil auditif grâce à leur système audio amplifié, en particulier le haut parleur, ainsi que des bracelets réveils munis d’un mode vibreur qui se placent sur le bras ou sous l’oreiller.

 

Implant cochléaire

L’implant cochléaire est un appareil auditif destiné aux surdités sévères. Il s’agit d’un microphone placé derrière le pavillon et connecté par ondes radios à un émetteur implanté dans le crâne. Un microprocesseur transforme les ondes sonores en signaux électriques et les envoie via un fil électrique jusqu’à la cochlée qui stimule le nerf auditif.

 

Approche chirurgicale

  • Aérateur trans-tympanique
En cas d’otites chroniques et séromuqueuses caractérisées par un gonflement important du tympan, un aérateur trans-tympanique, appelé aussi yo-yo ou diabolo, est installé chirurgicalement dans la membrane afin de favoriser l’élimination des sécrétions de l’oreille et d’assurer la communication entre l’oreille interne et externe. En fonction de la durée de vie souhaitée, ces drains seront en différentes matières. Les uns rigides en plastique, titane ou or seront expulsés spontanément par l’oreille au bout de quelques mois tandis que les autres plus souples, en silicone notamment resteront en place plus d’une année avant d’être retirés par le chirurgien. Après retrait de l’aérateur trans-tympanique, qu’il soit spontané ou chirurgical, le tympan se refermera de lui-même.
    
  • Greffe de tympan
Dans le cas inverse où le tympan est perforé et qu’il ne se referme pas tout seul, une tympanoplastie peut être réalisée. Il s’agit d’une greffe de tissu à partir de fascia temporal (le muscle situé derrière l’oreille) ou de périchondre (cartilage de l’oreille).
  • Méatoplastie
Le conduit auditif est soumis à des érosions et des exostoses provoquées par des traumatismes le plus souvent liés à l’utilisation excessive  de coton-tige. Il s’ensuit des excroissances osseuses susceptibles d’obstruer le passage du son. La méatoplastie ou canaloplastie s’effectue avec des ciseaux et des fraises dans le but d’extraire les obstacles et de reconstruire la surface du canal auditif.
  • Reconstruction des osselets
Les osselets de l’oreille, à savoir, le marteau, l’enclume et l’étrier subissent à chaque infection des dommages qui peuvent provoquer des dysfonctionnements de l’oreille moyenne. La chirurgie permet de reconstruire partiellement chaque élément de cette articulation auriculaire voire de remplacer complètement certains osselets par des prothèses.
  • Mastoïdectomie
Enfin, la mastoïdectomie consiste en l’ouverture de la mastoïde afin d’y soigner une inflammation. Ce trouble qui apparaît chez les enfants de moins de deux ans est assez rare mais doit être pris en charge rapidement afin d’éviter toute installation d’une surdité précoce. Cet acte chirurgical est aussi réalisé dans le but d’extraire un cholestéatome.



La surdité englobe un large spectre de troubles auditifs qui peuvent être de nature infectieuse, traumatique ou encore génétique. Elle porte également les stigmates de la vieillesse que les générations se lègue les unes après les autres. Toutefois, l’ouïe étant l’un principaux sens de la communication, son dysfonctionnement représente souvent bien plus qu’un handicap physique puisqu’il met à mal tout l’aspect social de la personne touchée, voire son accès au langage si la surdité intervient de manière précoce. En effet, l’apprentissage de ce dernier passe en grande partie par l’imitation des mots entendus au cours de l’enfance et la moindre altération s’immisce comme un grain de sable dans la mécanique complexe et fragile de la langue. Le progrès technologique toujours grandissant a permis de concevoir de nombreux équipements destinés à pallier les anomalies physiologiques et notamment ceux de l’oreille interne plus difficiles d’accès. Cependant, de nouvelles recherches soulèvent les espoirs les plus fous et évoquent la possibilité de régénérer les cellules ciliées de la cochlée. Nous sommes encore loin des premiers succès mais l’espoir demeure bien souvent le premier moteur de la science.

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