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Comment choisir un pansement technique ?

Il existe aujourd’hui un grand nombre de pansements élaborés pour traiter spécifiquement les différents types de plaies. Ce large choix témoigne de l’évolution permanente des connaissances dans le domaine des plaies et de la cicatrisation.
C’est pour cette raison que le choix du pansement idéal est en pratique difficile. En effet, choisir un pansement adapté nécessite de connaître des informations précises sur l’étiologie de la plaie et sur son état.
Le pansement a pour objectif principal de maintenir la plaie dans un environnement humide et chaud favorable à la cicatrisation sans provoquer de macération et ceci en conservant un grand confort pour le patient.
Afin de répondre correctement aux besoins pour soigner une plaie, il est primordial de prendre en compte sa nature, sa localisation et son stade de cicatrisation. La capacité d’absorption du pansement, son pouvoir hémostatique, son adhérence ou sa conformabilité font partie des critères de choix qui s’associent à l’analyse des différents types de plaies.

Comment couvrir, protéger la plaie et favoriser la guérison efficacement ? Quel pansement choisir ? Comment bien cicatriser ? Quels sont les différentes évolutions d’une plaie ? Equipmédical vous explique tout afin d’identifier correctement vos besoins et traiter correctement vos plaies.


 

Quels sont les différents types de plaie ?

 

La plaie exsudative


On parle de plaie exsudative lorsque la plaie produit de l’exsudat (épanchement de liquide sous l’effet du processus inflammatoire). A l’inverse, si la plaie sécrète peu ou pas de liquide, elle est considérée comme sèche, ce qui ne favorise pas la cicatrisation.

 


La plaie chronique


Une plaie est considérée comme chronique lorsque le délai de cicatrisation dépasse 4 à 6 semaines. Elle est liée à des atteintes cutanées importantes ou étendues, et à des terrains favorisants (diabète, tabagisme, troubles vasculaires, dénutrition…). Il s’agit pour la plupart de plaies d’escarres, du pied diabétique ou d’ulcères veineux ou artérielles. Pour soigner ce type de plaie, il est indispensable d’en étudier les causes. Ainsi pour les escarres ou les plaies diabétiques, la zone doit être mise en décharge alors que pour les plaies d’ulcères veineux, la cicatrisation se fera par compression veineuse. Pour les plaies chroniques, le pansement doit être stérile.
 

La plaie aiguë


Les plaies aiguës sont liées à un traumatisme extérieur accidentel ou thérapeutique (chirurgie...). Ce sont des plaies dont le délai de cicatrisation est supposé normal, sans cause pouvant retarder la cicatrisation.
 

Les plaies à risque d’infection


Certaines plaies sont, par nature, à risque : les brûlures qui détruisent les tissus cutanés et sous-cutanés, les morsures, qu’elles soient animales ou humaines, qui transmettent des germes pathogènes, les plaies fines et profondes, difficiles à désinfecter.
Le risque d’infection est plus important si la plaie est souillée de terre ou faite avec un outil sale de jardinage ou de bricolage. Un délai trop long avant la désinfection favorise la multiplication des bactéries.
Les immunodéprimés, les diabétiques, les personnes traitées avec de la cortisone  sont plus exposés que d’autres aux infections.
 

La plaie nécrosée


C’est une plaie sèche qui se présente sous forme de plaques noires en raison de l’arrêt de la vascularisation. Le risque d’infection est assez élevé.
 

La plaie fibrineuse


Il s’agit d’une plaie recouverte d’un tissu jaunâtre plus ou moins adhérent. Elle bloque le processus de cicatrisation en empêchant les fibroblastes (cellules du tissus conjonctif) de s’implanter sur le lit de la plaie.


La plaie malodorante


Il s’agit généralement d’une plaie tumorale (plaie chronique liée aux cancers).
Les plaies infectées dégagent elles aussi une odeur nauséabonde, cela signe souvent la présence du bacille pyocyanique (Pseudomonas aeruginosa).
 

Comment obtenir une bonne cicatrisation ?

Contrairement aux idées reçues, pour bien cicatriser, il faut maintenir la plaie dans un environnement humide et ne surtout pas « la faire sécher » ! La plaie doit être hydratée à l’aide d’un pansement adapté.

La cicatrisation en milieu humide

La cicatrisation est un processus biologique naturel de régénération du tissu cutané après une blessure qui nécessite un renouvellement cellulaire.  L’exsudation est un phénomène inflammatoire qui débute la cicatrisation. L’exsudat correspond à l’ensemble des liquides produit par la plaie. L’exsudation permet la défense contre l’infection et assure la détersion de la plaie (élimination des débris).

En 1962, le Dr. George D. Winter publie ses travaux sur l’importance de « maintenir un milieu chaud et humide sur une plaie afin d’optimiser la cicatrisation ». En effet, l’humidité favorise la division et la migration cellulaire. Le maintien de la plaie en milieu humide accélère la vitesse de cicatrisation de plus de 50 % et réduit le risque de formation d’une croûte et donc d’une cicatrice visible et peu esthétique. La formation d’une croûte n’est en effet pas nécessaire pour une bonne guérison de la plaie. Elle ralentit au contraire la reconstitution des tissus. Ainsi, la croûte formée au-dessus d’une plaie doit être retirée afin d’observer correctement la plaie pour un traitement adéquat.

Quelles sont les différentes phases du processus de cicatrisation ?

Toute plaie évolue en trois grandes phases : la détersion, le bourgeonnement et l’épidermisation (ou épithélialisation).

La détersion correspond à l’élimination des tissus nécrosés (débris) présents et qui empêchent la cicatrisation.

Le bourgeonnement correspond à l’apparition du tissu conjonctif de comblement après la phase de détersion. Il vise à combler la perte de substance. C’est la phase de régénération des tissus. Elle est primordiale dans le processus de cicatrisation.

L’épidermisation est le processus de réparation de l’épiderme. C’est la phase finale de la cicatrisation.

Ces différentes étapes expliquent pourquoi il faut utiliser des pansements différents pour chacune de ces phases cicatricielles.

Quel pansement technique choisir en fonction de la plaie ?


Tout d’abord, il faut distinguer le pansement primaire qui est au contact direct de la peau d’un pansement secondaire qui recouvre le pansement primaire pour assurer son maintien. Certains pansements primaires seront nécessairement associés à un pansement secondaire quand d’autres se suffisent à eux-mêmes.
 

Le pansement hydrocellulaire


Le rôle du pansement hydrocellulaire est de maintenir la plaie dans un milieu chaud et humide, en absorbant les exsudats. Il est constitué d’un film externe imperméable aux liquides, d’une couche centrale en mousse de polyuréthane très absorbante (jusqu’à 10 fois son poids) et d’une couche interne qui permet le transfert des exsudats vers la couche centrale. Ils sont recommandés pour les plaies exsudatives en phase de bourgeonnement et en phase d’épidermisation en protection des tissus nouvellement formés. Le pansement hydrocellulaire se change tous les 3 à 5 jours. La plupart se présentent sous forme de plaque adhésive comme les pansements Hartmann HydroTac Comfort conçus pour adhérer à la peau saine et pas à la plaie pour un changement indolore et pour ne pas arracher les bourgeons à chaque changement de pansement. Il existe également des pansements non adhésifs comme l’Allevyn AG Non-Adhesive qui nécessitent un système de maintien (pansement secondaire, ou bande de compression)
 

Le pansement hydrogel


Les hydrogels sont des gels constitués de 50 % d’eau. Ils assurent l’humidification de la plaie . Il sont indiqués pour ramollir les tissus nécrosés d’une plaie sèche et pour stimuler le processus de détersion. Ce pansement primaire ne doit pas être associé à un pansement très absorbant. Il doit en revanche être recouvert d’un pansement secondaire de type film. Ce pansement doit être changé tous les 1 à 3 jours. Il se présente sous forme de gel en tube comme le pansement Intrasite Gel Applipak ou sous forme de plaque adhésive comme l’HydroTac transparent Comfort Hartmann.


Le pansement hydrofibre


Il est constitué majoritairement de fibres non-tissées  de carboxyméthylcellulose pure. Il a une capacité d’absorption très élevée (30 fois son poids). Il se présente sous forme de compresse ou de mèche et doit donc être associé à un pansement secondaire. Il est recommandé pour les plaies fibrineuses en phase de détersion ou sur des plaies très exsudatives et doit être changé tous les 3 à 5 jours.
 

Le pansement hydrocolloïde


Ce pansement est utilisable à tous les stades de la cicatrisation sur des plaies peu ou faiblement exsudatives (absorption lente et relativement modérée ).
Il est composé de carboxyméthylcellulose et se présente sous forme de pâte, de poudre ou de plaque adhésive recouverte d’un film imperméable comme le pansement de soin ulcères/ escarres Hydrocoll qui autorise la douche. Le pansement hydrocolloïde maintient le milieu chaud et humide favorable à la cicatrisation et protège des contaminations bactériennes. La substance active se gélifie au contact de l’exsudat pour laisser une odeur nauséabonde qui ne correspond pas à une infection au niveau de la plaie. Ce pansement reste en place plusieurs jours.

C’est sans doute le pansement technique le plus connu car il soulage efficacement les ampoules.
 

Le pansement alginate


Il est composé à plus de 50 % d’alginates qui peuvent être ou non associés à la  carboxyméthylcellulose. Les alginates sont composés de polymères d’acide alginique obtenus à partir des algues brunes. Ils ont une capacité d’absorption très importante, des propriétés hémostatiques (idéales pour les plaies hémorragiques) et ont un contrôle de la contamination microbienne.  Ils existent sous forme de compresse ou de mèche (pose d’un pansement secondaire pour le maintenir) pour traiter les plaies fibrineuses en phase de détersion, très exsudatives ou les plaies infectées.
 

Le pansement interface


Il se présente sous forme de gaze (compresse) imprégnée d’une substance grasse (vaseline, paraffine ou carboxyméthylcellulose), qui ne migre pas au contact de la plaie pour une adhérence faible et un retrait sans douleur. Il est recommandé lorsque la plaie est en phase de bourgeonnement ou d’épidermisation et pour les brûlures. Il doit être maintenu par un pansement secondaire. Il se distingue des tulles par un maillage plus fin et donc moins adhérent.
 

Le pansement au charbon


Ce pansement est constitué de charbon actif qui neutralise les odeurs. Il est utilisé pour traiter les plaies malodorantes.
 

Le pansement à l’argent


Le pansement à l’argent présente des propriétés anti-bactériennes à large spectre. Il est recommandé pour des plaies infectées ou susceptibles de s’infecter.

Pour mieux vous y retrouver, nous avons résumé les différentes caractéristiques dans un tableau récapitulatif.
 
Type de plaies Type de pansements Fonction
Plaie exsudative Hydrofibre, Alginate, hydrocellulaire, hydrocolloïde Absorber
Plaie sèche, nécrosée Hydrogel Ramollir
Plaie bourgeonnante Hydrocolloïde, hydrocellulaire, Interface Entretenir
Phase d'épidermisation Interface, Hydrocolloïde Protéger
Plaie malodorante Pansement au charbon, pansement à l’argent Neutraliser


Le pansement idéal est un pansement qui prend en compte les causes, la nature et l’évolution de la plaie et dont la composition répond aux exigences d’un traitement adéquat en fonction du type de plaie.
Avant la pose du pansement technique, Equipmédical vous rappelle qu’il est nécessaire de nettoyer et de  désinfecter correctement la plaie avec un antiseptique adapté. Vous pouvez ensuite recouvrir la plaie ou le pansement avec des compresses, bandes, sparadraps, etc.