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Comment soigner un ulcère de jambe ?

L’ulcère de jambe est une plaie qui se forme suite à une nécrose des tissus de la peau et qui peut atteindre l’os pour les cas les plus graves. D’origine principalement vasculaire, cette pathologie est d’autant plus douloureuse et handicapante que sa guérison s’avère délicate lorsqu’elle se situe au niveau de la jambe. L’insuffisance veineuse lors de la remontée du sang est en effet un obstacle à la circulation sanguine et à la vascularisation de la plaie. Elle est d’ailleurs une des causes principales de son apparition. Selon sa gravité, l’ulcère de jambe fera l’objet d’une hospitalisation et d’un suivi médical drastique ou sera pris en charge au domicile du patient avec le même soin apporté afin qu’il ne s’aggrave pas. Les traitements se résument majoritairement à l’application de pansements et à la compression, laissant place toutefois à de la chirurgie pour les cas les plus graves. Equipmedical vous propose de comprendre plus en amont les sources du mal et les mécanismes de cette pathologie, avant de définir plus en détail les solutions qui soulageront l’ulcère de jambe en aval.

 

 

Comment se forme un ulcère de jambe ?

 

Origines traumatiques de l’ulcère de jambe

 
Le point de départ d’un ulcère de jambe correspond très souvent à une angiodermite nécrotique qui fait suite à une lésion traumatique ou chirurgicale. La simple plaie qui paraît, au début, tout à fait anecdotique peine à cicatriser et finit même par s’étendre et se creuser dangereusement via les nécroses grandissantes des tissus de la peau. Cette affection qui peut atteindre l’os, à terme, se développe sur un terreau cutané et vasculaire propre à celui des personnes âgées ou sujettes à une insuffisance veineuse. La peau étant soumise à un renouvellement cellulaire permanent et accéléré en cas de lésion, elle nécessite l’apport continu de nutriments et d’oxygène qui participent à leur métabolisme. Une diminution, voire une perte totale de vascularisation entraîne inévitablement un accroissement de la plaie et donc un ulcère. C’est la raison pour laquelle, la moindre lésion cutanée chez un patient à risque, doit être contrôlée régulièrement et soignée de façon consciencieuse dans l’optique d’éviter qu’elle ne devienne un ulcère, en particulier quand elle se situe sur la jambe, zone sensible du corps.

 

Étiologie de l’ulcère de jambe


Ulcère variqueux
Les artères ont le rôle d’acheminer le sang chargé en oxygène et en nutriments depuis les poumons vers les différents organes du corps. Par phénomène de porosité à travers les fentes intercellulaires des vaisseaux capillaires qui recouvrent les artères, ces nutriments se diffusent dans les cellules adjacentes, assurant ainsi le processus métabolique qui leur est propre. Si elle n’est pas alimentée en continu, la cellule finit par mourir, ce qui occasionne une nécrose des tissus auxquels elle est associée. Aussi longtemps que cette carence en nutriments perdure, les cellules et les tissus concomitants se nécrosent également, creusant toujours un peu plus la plaie d’une blessure ou d’une simple lésion et empêchant cette dernière de cicatriser.
Parmi les causes les plus communes de l’obstruction artérielle, l’athérosclérose fait figure de coupable idéal. L’accumulation de corps gras liés à ce qu’on appelle le mauvais cholestérol se manifeste par la formation de plaques d’athérome sur la paroi interne de l’artère qui se rétrécit jusqu’à se boucher si rien n’est fait à l’encontre de ce processus.

Ulcères veineux
Si les artères sont destinées à pourvoir l’organisme en oxygène et en nutriments, les veines, quant à elles, assurent la collecte et l’évacuation des toxines résultant du travail des cellules. S’appuyant sur le même mécanisme de porosité capillaire, le sang absorbe en effet ces déchets pendant son trajet retour vers le cœur et sa réoxygénation via les poumons. Ce chemin, qui correspond à la remontée du sang par les jambes, subit l’écueil principal de la gravité. En temps normal, ce retour veineux s’effectue sans effort grâce à la propulsion primordiale du cœur et aux muscles qui soutiennent cette fluidité le long des veines. En revanche, dans le cas où les veines perdent leur élasticité avec l’âge, une pathologie ou un problème génétique, la pression sanguine dilate les parois veineuses sous la forme de poches stagnantes ou de varices  qui ralentissent le débit et bloquent le processus d’évacuation des toxines. Ces dernières finissent par retourner vers les cellules qui se retrouvent intoxiquées et subissent une nécrose, première étape vers l’ulcère de jambe.

Lymphoedème
Lors de la formation d’un œdème veineux, le réseau lymphatique, adjacent aux veines, prend le relais et se charge de la décontamination des cellules par leurs toxines, tout au moins de façon temporaire. En effet, si l’œdème ne se résorbe pas ou n’est pas traité, le réseau lymphatique risque à son tour la saturation avec pour même conséquence l’accumulation des toxines dans la zone cellulaire et donc la nécrose.

 

Autres Causes

 
Épaississement du sang
Il existe d’autres causes qui perturbent la bonne irrigation des tissus ou la fluidité de l’évacuation des toxines. L’une d’elles concerne des maladies qui ont pour symptôme l’épaississement du sang. C’est le cas de la polyglobulie, une pathologie qui augmente la production de globules rouges par rapport au plasma et qui rend le sang plus visqueux. Elle est causée par une anomalie au niveau des cellules souches. Une surproduction d’immunoglobulines, qui caractérise la gammapathie monoclonale, aura également une incidence sur la viscosité du sang, et par extension sur la pression sanguine avec les conséquences décrites plus haut.

Thrombose
Lors d’une stase veineuse ou artérielle, le sang qui stagne est susceptible de se cristalliser et de créer un caillot qui va obstruer le vaisseau et réduire son débit, voire le boucher. On parle de thrombose artérielle ou veineuse. Cette dernière est aussi connue sous le nom de phlébite.

Hygiène de vie
Enfin, une bonne hygiène de vie permet d’éviter que les artères ne se bouchent. Une alimentation équilibrée associée à une activité physique régulière, dans la mesure où cette dernière est possible, favorise la circulation sanguine en évitant le dépôt de plaques d’athérome dues au mauvais cholestérol et en tonifiant les parois des vaisseaux sanguins.

 

Traitements de l’ulcère de jambe

L’ulcère se différencie d’une plaie classique par le simple fait que sa nature même complique grandement le processus de cicatrisation. Si la grande force de notre organisme réside dans sa capacité à se régénérer perpétuellement, dans la première partie de sa vie en tous cas, ce processus de renouvellement cellulaire demeure conditionné par l’apport de nutriments aux cellules. 
 

Mécanisme de base de la cicatrisation

La cicatrisation, qui permet à la peau de se reformer et à l’ulcère de se refermer, se déroule selon trois grandes étapes : la détersion, le bourgeonnement et l’épidermisation.
  • Tout commence donc par la détersion qui correspond à la phase de nettoyage de la plaie par les leucocytes et les macrophages.  Ces cellules ont la mission d’éliminer les tissus nécrosés dans l’optique de préparer le terrain pour la phase suivante.
  • Une fois la plaie « propre », des bourgeons se forment à partir des capillaires lésés dans l’optique de combler la perte de substance nécrosée. Cette colonisation par les fibroblastes va permettre l’étape qui suit, à savoir l’épidermisation.
  • Dès lors que le terreau cellulaire est prêt, et la perte de substance comblée, les tissus vont pouvoir se développer à partir de la granulation apparue pendant le bourgeonnement. Cette épidermisation restaure la couche épidermique via la production de collagène, depuis les berges vers le centre de l’ulcère.
 

Quels pansements pour quel stade ?

Quand on parle de plaie, on évoque souvent le pansement comme premier traitement curatif. Destiné à éviter toute infection via les bactéries extérieures, ces dispositifs recèlent de nombreuses vertus qui se déclinent selon les nombreux types de pansements qui existent et qui correspondent aux différents stades du processus de cicatrisation de l’ulcère

Stade de détersion
Les pansements hydrogel, constitués d’un coussin de gel possédant une haute teneur en eau (jusqu’à 50 %), sont indiqués lors de la phase de détersion d’une plaie sèche. Ils assurent, en effet son humidification et son ramollissement afin de faciliter l’élimination des tissus nécrosés qui peuvent obstruer le processus de cicatrisation. Sous la forme d’un pansement tel que le HydroTac Transparent Comfort de Hartmann ou d’un comme le Intrasite Gel Applipak, ils s’appliquent directement sur l’ulcère et se changent régulièrement, entre 1 à 3 jours.
Si la plaie est en revanche exsudatif, que ce soit de manière modérée ou intense, les pansements alginate offrent une grande capacité d’absorption tout en maintenant un milieu humide propice au bourgeonnement qui suit, grâce au composé d’alginate de calcium, capable d’absorber jusqu’à dix fois son poids.
Suite à la nécrose, au début de la phase de détersion, il peut arriver que l’ulcère soit malodorant ou infectieux. Dans ces types de cas, il sera pertinent d’utiliser des pansements au charbon ou d’autres à base d’ions d’argent. Le charbon agit en effet comme un filtre qui capte et retient les odeurs désagréables. Les ions d’argent ont, pour leur part, une action antibactérienne efficace.
Les pansements hydrocolloïdes s’adaptent à toutes les phases de la cicatrisation depuis la nécrose jusqu’à l’épidermisation des plaies faiblement exsudatives. 

Stade du bourgeonnement de l’ulcère
Lors de la phase suivante, l’ulcère de jambe a besoin d’être maintenue dans un milieu humide afin de favoriser la formation des premiers bourgeons. Cette hydratation de la plaie stimule en effet le renouvellement cellulaire et prévient toute infection ou dégradation des bourgeons lorsqu’il s’agit de changer le pansement. On parle dès lors de dispositifs Interface, composés de paraffine, de vaseline ou de carboxyméthylcellulose, des substances grasses qui imprègnent et se répartissent sur l’ulcère, de berges à berges. Ils s’utilisent en pansement primaire ou secondaire selon leur conditionnement (compresse, pansement, gel). Ces interfaces sont aussi connues sous le nom de tulles gras.
Les plaies modérément exsudatives seront parfaitement prises en charge par les pansements hydrocellulaires tandis que celles plus exsudatives concerneront les pansements absorbants, tels que les alginates et les hydrofibres.

Stade de l’épidermisation
Au moment de la dernière phase, l’exsudation est d’une manière générale beaucoup moins importante puisque les bourgeons et le renouvellement cellulaire ont progressivement comblé la plaie. Les tulles gras et pansements interfaces sont préconisés ainsi que les hydrocolloïdes qui permettent l’absorption des derniers exsudats.

 

Compression complémentaire

Le traitement d’un ulcère de jambe s’accompagne inévitablement d’une compression élastique destinée à favoriser la circulation sanguine et ainsi éviter toute rechute. Comme nous l’avons vu plus tôt, le sang permet l’irrigation des tissus de la peau et assure également une fonction d’égoutier par sa capacité à évacuer les toxines rejetées par les cellules lors du processus de métabolisation. Et c’est justement une anomalie dans l’un ou l’autre (voire les deux simultanément) de ces fonctionnements qui provoque l’apparition de l’ulcère de jambe. L’utilisation de la compression pendant l’application du pansement est primordiale parce qu’elle permet de résorber les œdèmes veineux, les caillots et les phlébites en cause et par la même occasion de favoriser la cicatrisation en  lui apportant les nutriments nécessaires à sa bonne progression.

Il existe de nombreuses dispositifs de contention sous la forme de bandes élastiques, cohésives, plus ou moins serrées qui se placent par dessus le pansement afin de le maintenir et de palier une éventuelle insuffisance veineuse. Leur principale action consiste à resserrer les vaisseaux sanguins dans l’optique de leur redonner leur élasticité et réduire leur calibre. De cette manière, la circulation sanguine est accélérée. Attention, la contention est fortement déconseillée aux personnes diabétiques ou souffrant d’artérite oblitérante des membres inférieurs, précisément à cause des risques de nécrose.
Ces dispositifs se déclinent selon différents types de compression en fonction de la morphologie du patient et du degré de sévérité de son insuffisance veineuse. 
Les bandes étalonnées, avec leurs cercles imprimés qui servent de repères, permettent par exemple de faciliter leur installation et d’adapter précisément le degré de compression.
Les bandes cohésives sont spécialement étudiées pour adhérer sur elle-mêmes sans pour autant coller à la peau. Elles se maintiennent ainsi très bien et sont très facilement réajustables et confortables.
D’autres encore sont dites bi-bandes parce qu’elles utilisent deux bandes l’une sur l’autre dans le but d’éviter tout glissement et d’augmenter la compression tout en facilitant la mise en place. C’est notamment le cas du kit de bande de compression UrgoK2.

 

Chirurgie

Dans certains cas d’ulcère de jambe particulièrement graves, le recours à la chirurgie est possible et peut être salvateur. Elle permet d’éliminer les obstructions veineuses qui empêchent le processus naturel de cicatrisation. La sclérothérapie est ainsi préconisée pour supprimer une veine malade et obliger le sang à circuler par un autre moyen plus fluide. Cette chirurgie consiste à injecter un produit dans la veine en question afin de provoquer sa sclérose.
La greffe de peau est aussi une alternative intéressante lorsque l’ulcère de jambe perdure au-delà de 6 mois malgré les traitements classiques. Elle concerne particulièrement les plaies de superficie importante.

 

Vaccination

Si vous souffrez d’un ulcère, il vous sera préconisé de contrôler et de réitérer le cas échéant vos vaccins. Toute plaie est en effet une porte d’entrée béante pour le tétanos.



Pour résumé, l’ulcère de jambe intervient suite à un problème vasculaire plus ou moins grave et ne doit pas être pris à la légère quelque soit son degré de gravité. Il peut, en effet, évoluer très rapidement et s’avérer à terme difficile à cicatriser voire impossible en dehors de la chirurgie ou de la greffe.  D’une manière générale, une bonne hygiène de vie est primordiale à une bonne cicatrisation. Pour les personnes souffrant de dénutrition, la consommation de compléments nutritionnels apporte les calories et protéines nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme et sont destinés à combler d’éventuelles carences.