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L'épaule et le coude : Pathologies et orthèses

L’épaule et le coude forment les deux complexes articulaires des membres supérieurs et impliquent un grand nombre d’interactions tendineuses, musculaires et osseuses. Ils offrent tout deux des arcs de mobilité particulièrement souples qui permettent, entre autres, d’atteindre des objets, de les soulever, de les porter, mais aussi de pousser, de tirer, de propulser et de positionner la main. Ces deux synergies intimes et inconscientes révèlent, également, à elles seules, la nature paradoxale du corps humain dont l’animation extérieure en apparence instinctive et simple s’appuie, au final, sur une mécanique très complexe que le moindre traumatisme, même infime, peut enrailler et conduire à des troubles handicapants et pour certains irréversibles. Les pathologies liées à l’épaule et au coude sont nombreuses et peuvent fragiliser sur le long terme ces deux articulations. Bien que relativement similaires, elles se distinguent dans leur prise en charge orthopédique et chirurgicale. Equipmedical vous propose de découvrir comment fonctionnent l’épaule et le coude et quels moyens sont disponibles pour guérir leurs différentes pathologies.
 
 

Épaule

Premiers points d’ancrage du corps humain, les épaules forment la jonction entre le tronc et les membres supérieurs. Articulations les plus mobiles du corps humain, elles s’appuient sur un réseau fait d’os, de ligaments et de muscles et dont la souplesse et la vélocité préfigurent une grande complexité.


A et B : Acromion
C, D, et E : Tendon du biceps
F, G et H : Processus coracoïde
I et J : Clavicule
K : Humérus.

 

Les os

L’épaule s’articule autour de trois os principaux : la clavicule, l’omoplate et l’humérus.
  • La clavicule est un petit os long qui relie le sternum et l’acromion, l’excroissance de l’omoplate. Gouvernail de l’épaule, elle assure le point d’appui de cette dernière sur le thorax.
  • L’omoplate, appelée également scapula, est constituée de trois éléments, l’acromion qui se lie à la clavicule par un ligament, le coracoïde qui en fait de même avec l’acromion et la cavité glénoïde qui accueille la tête de l’humérus. Cet os, reconnaissable à sa forme plate et triangulaire unit le tronc au membre supérieur et offre à celui-ci une très grande amplitude de mouvements (abduction et adduction, élévation et abaissement, rotations médiales et latérales).
  • Enfin, l’humérus correspond à l’os unique du bras qui relie l’épaule au coude. Sa tête supérieure est reliée à l’omoplate via l’articulation gléno-humérale.
 

Ligaments

Tous ces os sont reliés entre eux par des ligaments, de courtes bandes de tissu conjonctif principalement composées de collagène. Ils assurent le maintien de l’articulation tout en contribuant à la souplesse des mouvements de l’épaule. En outre, ils réduisent le risque de faux mouvements et de  déboîtement. Les ligaments sont présents au niveau de toutes les articulations du corps et permettent également de relier certains organes entre eux.
 

Muscles et tendons

Chaque mouvement de l’épaule est actionné par un réseau musculaire important qui enserre toute l’articulation ainsi qu’une partie du dos et du thorax. Ils sont reliés à l’articulation par 4 tendons qui recouvrent la tête de l’humérus, désignés sous l’appellation de coiffe des rotateurs. Ces muscles se répartissent sur l’ensemble des os qui composent l’articulation de l’épaule avec une fonction bien spécifique à chacun. Essentiels à la qualité giratoire du bras, ils s’enchevêtrent et s’appuient les uns sur les autres pour donner une fluidité optimale aux différents mouvements que notre épaule lui confère.

        

Pathologies et solutions

L’épaule est particulièrement fragile et peut subir de nombreuses pathologies plus ou moins invalidantes en fonction de leur intensité et de leur répétition. Ces troubles ont, en revanche, majoritairement la même cause, à savoir un traumatisme extérieur tel que des coups ou une chute. Ils peuvent être également provoqués par un mouvement intense du bras lors d’activités sportives par exemple.
 
La luxation et instabilité
La luxation correspond au « déboîtement » d’une articulation ou plus exactement à la rupture du contact entre les surfaces articulaires, en l’occurrence pour l’épaule, la tête de l’humérus et la cavité glénoïde de la clavicule. Elle est très souvent due à un choc d’impact (ski, chute de vélo ou de cheval) ou à une chute rattrapée par la main et le bras qui se mettent naturellement en opposition. En fonction de la gravité du choc, une simple manipulation suffit parfois à remettre l’humérus dans son encoche claviculaire. Dans les cas les plus problématiques, une intervention chirurgicale est nécessaire, notamment quand la tête de l’humérus est endommagée. Du fait de leur faible corpulence et de la flexibilité de leurs articulations, les enfants se luxeront l’épaule, comme lorsque leurs parents jouent à les faire sauter en les tirant par les bras. Au contraire les articulations de l’adulte auront plus de chances de se la fracturer. Dans tous les cas, l’épaule devra être immobilisée plus ou moins longtemps par l’intermédiaire d’une écharpe qui maintiendra le bras droit et le coude à 90° le temps que les tendons et les ligaments se conforment de nouveau.

    
Tendinite
La tendinite est une inflammation d’un tendon provoquée par la répétition d’un effort ou une sollicitation excessive d’un ou plusieurs tendons. Ces symptômes se manifestent par une douleur à l’épaule, son enraidissement, et une diminution de la force. Elle peut être causée par une pratique sportive intensive (Tennis, volley, handball, etc.), une répétition fréquente d’un geste précis, même professionnel (caissier, travail à la chaine) ou d’une mauvaise posture adoptée par le corps sur une période prolongée. S’agissant de la zone de l’épaule, la tendinite peut toucher la coiffe des rotateurs. L’inflammation peut être superficielle, profonde, voire sur toute son épaisseur, en fonction de la sévérité de la sollicitation. Cette usure crée un dysfonctionnement du tendon et du muscle qui lui est associé pouvant aller jusqu’à la rupture.
Cependant, la tendinite peut être aussi favorisée par le tabagisme, par phénomène d’obstruction des vaisseaux sanguins qui irriguent la zone, ainsi qu’à des dysfonctionnement métaboliques, comme le diabète entre autres, et à des facteurs anatomiques qui entravent le bon fonctionnement de l’articulation, comme un acromion en crochet qui accélère l’usure de la coiffe.

Si le repos puis la rééducation sont les principaux moyens de guérison, il est parfois nécessaire de réaliser une intervention chirurgicale ou arthroscopique afin de débrider le bourrelet postérieur et supérieur ou de réséquer le tendon fragilisé sur l’humérus, soit en d’autres termes d’enlever la partie endommagée du tendon pour le ressouder à l’os. Cette dernière opération engage une longue convalescence et s’effectue dans des cas sévères ou à la demande du patient. Dans les autres cas, une bandoulière d’immobilisation suffira à maintenir l’articulation de façon optimale le temps de la cicatrisation puis une rééducation pour redonner sa souplesse et son naturel au mouvement.

Fractures
  • Clavicule
La clavicule demeure l’os qui se fracture le plus fréquemment, du fait de sa taille importante et donc de sa surface de contact. Ses lésions provoquent de vives douleurs, des œdèmes et l’impossibilité pour la victime de relever le bras au dessus de 60°. Afin que l’os se ressoude naturellement sans déformation particulière, des anneaux claviculaires permettent de maintenir le dos et les épaules légèrement en arrière, en position dite « anatomique ». Elles s’ajustent à la corpulence du patient et au type de fracture : avec ou sans déplacement. Ils sont également disponibles en petite taille pour les enfants.
Dans le cas où le déplacement est plus inquiétant, il est possible de poser chirurgicalement une plaque directement sur l’os afin de lui servir de « tuteur ».
 
  • Partie supérieure de l’humérus
Les fractures de l’extrémité supérieure de l’humérus sont causées par des chocs violents, comme une chute, sur le moignon de l’épaule. Il en découle de simples lésions ou une cassure totale d’une partie de la tête de l’humérus. Une radiographie doit être effectuée afin de vérifier s’il y a eu déplacement ou non.
Si l’articulation a conservé une position correcte, le port d’une écharpe poche suffira amplement et permettra de stabiliser le bras et le coude contre le corps le temps de la reconsolidation osseuse.
En revanche, s’il y a eu déplacement, un acte chirurgical sera effectué dans le but de réaligner l’épaule et de la maintenir à l’aide de plaques ou de clous centro-médullaires.
Enfin, dans le cas où la couronne vasculaire se trouve lésée et donc dans l’incapacité d’irriguer la tête, on parle d’ostéonécrose ou de mort de la tête de l’humérus. Le seul vrai recours consiste dans le remplacement de l’articulation par une prothèse.


Electrophysiothérapie
Dans le cadre de la rééducation, afin de compléter le travail du kinésithérapeute, ce dernier peut faire appel à l’électrophysiothérapie, une technique qui utilise l’énergie électrique à faible intensité pour ses propriétés antalgiques, excito-motrices, trophiques et circulatoires qui évitent la stase, à savoir le ralentissement de la circulation sanguine.


 

Coude

Dans le prolongement de l’épaule et de l’humérus, le coude offre une articulation supplémentaire au membre supérieur et relie le bras à l’avant bras. Il est formé par la palette humérale, le radius et le cubitus.


 

Ossature

L’humérus, qui assure la liaison entre l’épaule et le coude, se termine par la palette humérale. De forme concave, elle fonctionne comme une encoche dans laquelle vient s’emboîter le cubitus, l’un des os principaux de l’avant bras. Son frère jumeau, le radius complète le squelette de l’avant bras et interagit tout autant avec le cubitus et l’humérus pour articuler les différents mouvements du bras, que ce soit la rotation, la flexion et l’extension.
 

Ligaments, muscles et tendons

De la même manière que l’épaule, et que toutes les articulations que le corps humain possède, cette ossature est enveloppée de ligaments qui joignent tous les os entre eux et maintiennent l’articulation de façon unitaire. La propulsion est assurée par différents muscles qui permettent, les uns la flexion et l’extension, les autres la rotation de l’avant bras.
Le muscle brachial et le biceps de l’humérus associés au brachioradial, au rond pronateur et au fléchisseur radial carpe de l’avant bras, assurent le mouvement de flexion. L’extension, quant à elle, est actionnée par le triceps brachial de l’humérus et le carré pronateur situé entre le radius et le cubitus.

La pronosupination qui consiste en la rotation de l’avant-bras se découpe en deux mouvements. Tandis que la pronation le fait tourner en dedans, la paume de la main vers le bas grâce au muscle rond pronateur, le mouvement inverse, la supination fonctionne à l’aide du muscle supinateur et du biceps brachial.
 

Pathologies et orthèses

Les troubles qui touchent le coude sont très similaires à celles de l’épaule.

Luxation et fracture
Lors d’un choc violent, il peut arriver que l’humérus se désolidarise du cubitus et du radius provoquant une luxation du coude. Elle survient en cas de chute de rollers ou de skate notamment qui implique un basculement en avant et une mise en opposition réflexe du bras. La luxation bénigne se produit le plus fréquemment chez les jeunes dont les structures osseuses et articulaires sont encore un peu lâches. C’est aussi le cas des bébés qui se luxent très souvent le coude lorsque leurs parents les soulèvent par les bras, même brièvement. Cependant, grâce à cet excès de souplesse, leur coude est plus facilement réamboîtable.
Ce qui n’est pas le cas pour les adultes dont la luxation entraîne bien souvent une ou plusieurs fractures en fonction de la gravité du choc et du niveau de fragilité des os de la victime.
 
  • L’olécrane
L’olécrane, ou bec du cubitus, correspond à la bosse que l’on aperçoit derrière le coude. Elle forme avec l’humérus l’articulation principale. En cas de choc sur ou sous cette bosse, elle peut se fendre voire se briser. Des broches seront dès lors posées par un acte chirurgical et le coude sera immobilisé un ou deux mois à l’aide d’une protection plâtre. Dans ce cas, une écharpe d’immobilisation permettra de soutenir le poids du bras et de ne pas fatiguer l’épaule.
 
  • La tête radiale
Correspondant à la partie du radius proche de l’humérus la tête radiale peut se retrouver compressée contre ce dernier et connaître des lésions. Si ces dernières sont peu importantes, une simple coudière orthopédique suffira. Cet équipement, généralement articulé, offre un maintient optimal de l’articulation sans pour autant la contraindre.
En revanche, si la fracture est plus sévère, l’acte chirurgical sera nécessaire avec la pose de vis pour reconsolider l’os, voire le remplacement de la tête radiale.
 
  • Humérus distal
Enfin, la dernière grosse fracture possible concerne l’humérus qui peut se briser juste au dessus du coude. Ce traumatisme est bien souvent accompagné d’un déplacement plus ou moins proéminent. Selon l’importance de ce dernier, le chirurgien aura le choix entre un léger réajustement chirurgical ou la pose de broches. S’en suivra une immobilisation puis le port d’une orthèse de coude pour sécuriser la rééducation et éviter toute récidive au cours de la convalescence.

D’une manière générale, en cas de luxations entraînant une fracture chez des adultes et des personnes fragiles, même après la guérison, l’orthèse sera recommandée lors de sollicitations particulièrement intenses telles que la pratique d’un sport de lancer (Javelot, handball, tennis, etc.).

 

Tendinite

  • L’épicondylite ou Tennis Elbow
Parmi les maladies du coude les plus connues, l’épicondylite survient suite à une hyper-sollicitation, occasionnelle ou chronique, et ne se contente pas de toucher les sportifs. Elle est une conséquence de facteurs multiples et se manifeste généralement avec l’âge et l’usure du cartilage. Le tennis Elbow peut concerner tout le monde, même ceux qui travaillent sur ordinateur dont le tapotage sur clavier s’avère aussi impactant que les coups droits et les revers du tennisman.
Cette maladie se déclare sous la forme d’une douleur au niveau de la face latérale du coude couplée à une éventuelle irradiation de l’avant-bras. Particulièrement handicapante, cette douleur se prolonge sous la forme d’un affaiblissement de la force de préhension.

Le repos est primordial. Pas nécessairement un repos total, mais une baisse de la fréquence d’activités intenses. Le port d’un bracelet antiépucondylite permettra, en outre, de renforcer l’articulation et d’éviter tout faux mouvement qui relancerait la maladie. Les anti-inflammatoires auront bien entendu un effet positif sur la douleur mais la cryothérapie se place également comme une très bonne alternative au traitement médicamenteux.
 
  • L’épitrochléite ou Golf Elbow
Opposée parfaite du tennis elbow, cette tendinopathie se manifeste par une inflammation des muscles épitrochléens situés sur la face interne du coude. Elle concerne plus particulièrement les sports de lancer et toutes les activités liées à l’utilisation intensive des doigts et de la flexion des mains. Le clavier d’ordinateur n’est, ici encore, pas totalement hors de cause.
Le traitement sera le même que pour le Tennis Elbow.


Arthrose
Ce trouble, qui se manifeste le plus souvent dans les mains et les pieds, correspond à l’usure du cartilage, ce tissu conjonctif situé à la surface des os d’une articulation. Grâce à ses propriétés mécaniques, il facilite les glissement des os entre eux et assouplit les articulations. Lorsqu’il disparaît avec le temps et l’érosion régulière des mouvements, le coude coince légèrement et devient douloureux. La rééducation peut, dans certains cas, renforcer le tonus musculaire et redonner une mobilité plus souple. Il est également possible d’effectuer des infiltrations d’acide hyaluronique, un agent de viscosité présent naturellement dans l’organisme. Toutefois, au cas où la rééducation et les infiltrations n’auraient plus d’effet, la chirurgie permet désormais de remplacer certaines surfaces articulaires par des implants métalliques ou le remplacement de l’articulation par une prothèse totale.

Dans les deux cas (chirurgical ou non), une rééducation sera nécessaire. Des orthèses permettent de répartir les points de tensions et procurent un effet de massage qui soulage la douleur et évitent le raidissement du coude.



D’une manière générale, les articulations liées directement aux mouvements du corps sont les premières concernées par les traumatismes extérieurs. Et si leur mobilité nous offre un large spectre d’activités physiques, le plus petit grain de sable peut enrailler le mécanisme et nous conduire à l’immobilisation forcée. La médecine moderne dispose de nombreux moyens pour palier ces traumatismes et nous remettre d’aplomb grâce à des équipements orthopédiques et chirurgicaux. Il est en effet désormais possible de remplacer certains organes et articulations par des prothèses. Cependant, les meilleurs remèdes restent encore la préparation physique, le renforcement musculaire régulier et une hygiène de vie saine. Une activité physique fréquente et une bonne alimentation vous assurent une résistance parfois suffisante à la plupart des chocs. Des orthèses sont aussi disponibles pour réduire les effets nocifs de certains mouvements intenses lors d’activités sportives. Savoir écouter son corps est la règle numéro 1.