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Les maladies oculaires liées à l'âge

On constate depuis plusieurs années que certains départements français sont plus touchés que d’autres par ce phénomène et notamment en terme des spécialités pratiquées telle que l’ophtalmologie par exemple. En effet, il faut compter en moyenne un délai d’attente de 4 mois pour pourvoir accéder à une simple consultation. Hors, une récente étude montre que 28% des français ont un accès limité à un médecin ophtalmologiste, ce qui peut décourager certains patients à se faire soigner et à laisser ainsi la maladie oculaire évoluée. Bien qu’elles soient nombreuses, ces maladies peuvent être détectées dès la naissance lorsqu‘elles sont héréditaires et congénitales mais elles sont surtout liées au vieillissement du mécanisme visuel, c’est à dire vers l’âge de 45 ans. Equipmédical fait le point sur les maladies oculaires les plus fréquemment rencontrées et sur leurs différents traitements existants pour y remédier.





 

La presbytie


La presbytie n’est pas considérée comme une maladie à part entière mais plutôt comme une évolution naturelle de l’œil. En effet, ce trouble oculaire fait son apparition vers l’ âge de 45 ans et se stabilise vers 65 ans. Il s’agit de la partie de l’œil appelée cristallin qui est touchée : elle s’épaissit, durcit, et perd donc de sa tonicité, ce qui entraîne un trouble de la vision pour l’écriture, la lecture ou un travail effectué de près. La personne atteinte par la presbytie cherche à éloigner le texte ou les objets car ils lui paraissent troubles et flous, et s’empressera d’augmenter l’intensité de l’éclairage.


(Source : Wikipédia)

Tous les composants présents à l’avant de l’œil comme les muscles ciliaires, les ligaments aussi appelés les zonules de Zinn et le cristallin agissent comme un véritable zoom d’un appareil photo et permettent de pouvoir observer l’environnement. Cette partie de l’œil est quotidiennement sollicitée et s’adapte rapidement en fonction de la distance des objets regardés. C’est ce que l’on appelle le processus d’accommodation.
  • En vision de loin, les muscles ciliaires sont totalement détendus et la zonule de Zinn étend le cristallin grâce à ses micro-ligaments.
  • En vision de près, l’effet inverse se produit. Les muscles ciliaires se contractent, les ligaments de la zonule de Zinn sont relâchés, la pupille rétrécit et le cristallin prend une forme arrondie.

Au fur et à mesure des années, ce mécanisme visuel se fatigue et ne permet plus au cristallin de s’accommoder correctement, ce qui détériore la vision de près.
Il existe notamment des aides techniques pour améliorer la lecture comme les loupes et les lampes loupes qui permettent le grossissement des petits caractères pour les rendre plus nets et ce quel que soit la taille de l’écriture. Généralement pour les cas de presbytie, le médecin ophtalmologiste prescrit le port de lunettes correctrices avec des verres progressifs. Ces verres ont la particularité de posséder plusieurs puissances de correction sur une même surface. Il se décompose de la manière suivante :
  • Pour la vision de loin, la personne utilise uniquement la partie haute du verre.
  • Pour la vision intermédiaire, la partie du verre utilisée est la partie médiane
  • Pour la vision de près, c’est la partie basse du verre qui sera sollicitée pour la lecture car en effet c’est cette partie du verre qui détient le grossissement le plus important. Ils garantissent ainsi une vision nette à toutes les distances sans devoir changer de paire de lunettes.

Il semble que ce soit la solution la plus confortable et la pratique pour une personne atteinte de presbytie.
Le port de verres progressifs peut s’avérer dérangeant les premières fois car le cerveau connaît des difficultés à s’adapter aux différentes degrés de puissance des verres.

Il existe également la méthode de la chirurgie laser réfractive, on parle alors de méthode multifocalité ou de monovision.
  • La multifocalité est un processus de compensation de la presbytie qui vise à fournir une image suffisamment nette sur des cibles placées à des différentes distances. Cette opération ne dure qu’une dizaine de minutes et se nomme la méthode de lasik.
  • La monovision consiste à corriger la vision à la manière d’un monocle. Le chirurgien détermine l’œil le plus apte à visionner les objets de loin alors que le second sera destiné à la vision intermédiaire et de près. C’est ainsi que le chirurgien équilibre de façon homogène le passage du laser sur la cornée.


 

La cataracte


La cataracte est la première cause de malvoyance dans le monde et de cécité dans le tiers monde. Elle se caractérise par le vieillissement du cristallin. De nature transparente, le cristallin est une lentille qui joue un rôle primordial dans le processus de la vision, il permet de transmettre les couleurs au cerveau. Précédemment, nous avons évoqué que le cristallin permet d’ajuster la vision de près et de loin mais il faut savoir que ce dernier représente 1/3 de la puissance totale de l’œil et qu’il permet de protéger la rétine des rayons UV. Les personnes les plus touchées par la cataracte sont les seniors de plus de 65 ans. Cette affection est dûe à l’opacité du cristallin par une couleur blanchâtre et se diagnostique par une baisse progressive de la vue, par une sensibilité à la lumière, une modification des couleurs mais leur champ visuel n’est en aucun cas modifié. On l’appelle notamment la cataracte sénile.

Cependant, il existe d’autres causes qui peuvent accentuer une cataracte comme la prise de corticoïdes, le diabète, le tabagisme ou des carences nutritionnelles. Elle peut également être une pathologie congénitale.

L’unique traitement de la cataracte consiste en une méthode chirurgicale appelée phakoémulsification qui se réalise sous anesthésie locale et dure 15 minutes. Le chirurgien pratique une micro-incision pour retirer le cristallin et le remplacer par un modèle artificiel. Le praticien apposera un pansement stérile sur l’œil le temps de la cicatrisation et pourra effectuer le remplacement de la seconde cataracte environ 1 mois après.


 

Le glaucome


Le glaucome est une maladie oculaire qui se traduit par une pression agissant directement sur le nerf optique et détruisant progressivement les fibres visuelles qu’il contient. Cette destruction a pour conséquence de réduire le champ visuel de la personne atteinte. Le glaucome touche plus particulièrement les personnes de plus de 45 ans et se distingue sous 2 formes.

Le glaucome chronique ou à angle ouvert est la pathologie la plus fréquente. Il est notamment difficile de se rendre compte pour une personne qu’elle est atteinte puisque la pression oculaire progresse lentement et ne provoque aucune douleur et généralement l’œil le moins atteint a un effet compensateur pour l’autre œil. Seul un examen chez un ophtalmologue peut déterminer si le patient est atteint de glaucome. Le praticien proposera un traitement à base de collyre. Vous pouvez retrouver sur notre site l’aide verseur à collyres qui facilite l’introduction du produit dans l’œil.

Le glaucome aigu, et autrement nommé à angle fermé, est une maladie rare et doit être traitée en urgence. En cas de crise, le patient ressent de fortes douleurs au niveau de l’œil et des rougeurs peuvent apparaître. La pupille se dilate anormalement, ce qui provoque une réaction de l’iris et vient boucher les voies d’évacuation situées dans l’angle interne de l’œil. Une simple situation de stress, une vive émotion ou la prise de certaines familles de médicaments peut augmenter la tension oculaire. La vision est alors brouillée, des auréoles peuvent apparaître autour d’un point lumineux. De forts maux de tête, des nausées et des vomissements peuvent aussi faire parti des symptômes. Le patient doit impérativement réagir car la cécité peut s’installer rapidement.

Le traitement pour le glaucome chronique se résume par une technique de laser appelée la trabéculoplastie. Celle ci est entièrement indolore et permet de réduire la pression oculaire en accélérant l’évacuation de l’humeur aqueuse. Cette intervention s’effectue généralement en ambulatoire sous anesthésie locale.

Concernant le glaucome aigu, il est nécessaire que le patient soit traité en urgence. Tout d’abord, le médecin administre un traitement médicamenteux par voie intraveineuse pour faire baisser la tension rapidement. Ensuite, le chirurgien procède à une iridectomie, c’est à dire qu’il effectue une micro perforation au niveau de l’iris à l’aide d’un laser à argon. Le patient n’est anesthésié que localement grâce à un collyre. Cette perforation permet l’évacuation de l’humeur aqueuse. Sans le cadre d’une iridectomie exécutée suffisamment tôt, le glaucome sera définitivement traité. Dans les autres cas, le patient devra subir par la suite une trabéculectomie, c’est à dire une ablation totale ou partielle du filtre anatomique de l’humeur aqueuse. Cette chirurgie se réalise à l’aide d’un microscope et ne nécessite pas d’hospitalisation.


 

La DMLA


La DMLA signifie la dégénérescence maculaire liée à l’âge et débute chez les personnes de plus de 50 ans. Elle est reconnue comme étant une maladie chronique évolutive qui touche la partie centrale de la rétine : la macula. Située dans la partie arrière de l’oeil, elle reste dans l’alignement de la pupille et possède un diamètre de 2 à 4mm environ qui permet de transmettre 90 % des signaux au cerveau. Elle agit essentiellement sur la vision des détails grâce aux photorécepteurs qu ‘elle contient. Lorsque le patient est atteint d’une dégénérescence maculaire, seule la macula est touchée. Elle se traduit par la présence d’une tache noire au centre de la vision et les lignes droites sont déformées. Les abords latéraux et périphériques ne sont pas atteints, le patient continue donc de voir, ce qui lui préserve un minimum d’autonomie. Il peut continuer ses activités quotidiennes comme se déplacer, s’habiller et se coiffer mais ne pourra plus lire, écrire, regarder la télévision et conduire. Il est important de préciser que la personne atteinte par la DMLA ne connaîtra jamais la cécité.

D’autres facteurs que la vieillesse peuvent être la cause du développement de la DMLA comme le tabagisme, une exposition au soleil trop importante sans protection, l’hypertension ou encore l’angor de poitrine.

Cette maladie oculaire s’attaque d’abord à un seul œil pour ensuite venir s’installer sur le second au bout de quelques années. Les premiers signes perçus par le patient sont des déformations des objets, ce qui entraîne généralement la prise du rendez vous pour poser le diagnostic. A ce stade, l’acuité visuelle commence à se restreindre. Une fois le deuxième œil atteint, le patient ressent une véritable perte d’autonomie car le mécanisme visuel est complètement altéré.

Deux types de DLMA sont constatées : la DMLA sèche et la DMLA humide.
  • La DMLA sèche représente 90 % des cas et évolue de façon lente et tend vers une baisse de l’acuité visuelle.
  • La DMLA humide est la forme la moins représentative de la maladie mais elle reste la plus virulente. Le patient peut perdre la vision centrale en quelques semaines si il ne réagit pas rapidement. Elle est notamment liée à la formation de vaisseaux qui se développent sous la rétine et qui provoquent des hémorragies. Afin d’améliorer son quotidien , le patient peut avoir recours au téléphone à grosses touches, aux piluliers à gros caractères et à l’horloge digitale.

Il n’existe pas de traitements qui guérissent de la DMLA mais qui permettent d’en ralentir l’évolution. Au sujet de la DMLA sèche, les médecins recommandent un apport supplémentaires en vitamines antioxydantes comme la lutéine, la zeaxanthine, les oméga 3 et 6. Ces vitamines luttent contre la détérioration des tissus et se trouvent dans les fruits et les légumes verts, jaunes et oranges.

Les traitements pour la DMLA humide sont différents et plusieurs solutions peuvent être considérées. Tout d’abord, l’ophtalmologue peut injecter directement dans l’œil des médicaments appelés des anti-angiogéniques qui limitent la création de nouveaux vaisseaux sous la rétine à raison d’une fois par mois.

Le médecin peut également proposer une thérapie photodynamique. Cette méthode consiste à injecter un médicament qui s’active à la lumière : la verteporfine et qui va s’installer directement sur les néo-vaisseaux. Le praticien dirige ensuite le laser à faible intensité vers la rétine pour détruire ces vaisseaux et ralentir leur croissance. Cette intervention ne détériore pas ou peu la vision.

Un dernier processus peut être proposé au patient mais qui n’est pas sans risque et qui est employée dans les cas rares. Il s’agit de la photocoagulation des lésions au laser qui vise à neutraliser tous les vaisseaux anormaux avec un laser à haute intensité, ce qui peut entraîner une perte de la vision centrale définitivement.



Les maladies oculaires liées à l’âge restent malgré tout des maladies relativement précoces, c’est pourquoi il est nécessaire et primordial de se faire suivre par un médecin ophtalmologue régulièrement à partir de 40 ans. Il existe toutefois des aides techniques pour palier aux maladies les moins sévères et faciliter les taches quotidiennes. Concernant les patients atteints de pathologie plus lourdes, certaines mesures de réadaptation et de soutien psychologique seront à envisager.