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Ostéoporose, Fracture du col du fémur, immobilisation

L’ostéoporose est une maladie dite diffuse qui touche les os en affaiblissant leur densité. Elle fragilise ainsi toute l’architecture osseuse et expose les patients à une plus grande fréquence de fractures. Touchant plus particulièrement les femmes après la ménopause pour près d’un tiers d’entre elles, cette pathologie concerne également les hommes de manière plus minime, avec seulement 8 % de la population. Et si les facteurs sont assez nombreux et divers, l’âge demeure le principal coupable avec la ralentissement naturel de la régénération des cellules de l’organisme à partir de 45 ans. Toutefois, l’ostéoporose demeure relativement bénigne puisqu’elle n’implique pas de réelles complications directes. En revanche, elle occasionne des fractures qui en fonction de leur importance et de la zone du corps qu’elles concernent peuvent avoir un impact conséquent, voire dramatique sur la vie de la personne touchée. Equipmedical fait le point pour vous sur les causes, les symptômes et les traitements de l’ostéoporose.
 

 

Qu’est-ce que l’ostéoporose ?


Fonctionnement des os

L’os est un tissu conjonctif qui ressemble à une muqueuse à son origine avant de durcir progressivement sous la forme de cartilage puis de matière osseuse dense et solide. Cette mutation organique se produit tout au long de la vie prénatale et continue d’évoluer jusqu’à la fin de l’adolescence quand la personne atteint sa taille adulte. Véritable tissu vivant, l’os ne s’arrête pas pas là pour autant puisqu’il se renouvelle constamment sous l’effet de deux mécanismes qui interagissent en parfaite symbiose.
Tout d’abord, la résorption osseuse est opérée par des cellules macrophages, les ostéoclastes, qui assurent la destruction du tissu osseux ancien.
Dans le même temps, les ostéoblastes sécrètent du collagène ainsi que différentes protéines qui  transforment la partie non minérale de l’os, contenue dans son noyau, en matière minérale destinée à remplacer celle qui a été préalablement résorbée par les ostéoclastes.
Ce processus biologique permet ainsi de garantir une convenable et perpétuelle solidité des os, tout au moins jusqu’à un certain âge. En effet, à partir de 45 ans, en moyenne, cet équilibre des forces de résorption et de formation se brise progressivement avec le vieillissement cellulaire et a pour première conséquence un abaissement de la densité osseuse. Toutefois, chez la majorités des gens, cette fragilisation continue est si faible qu’elle n’impacte pas véritablement la masse osseuse. Dans d’autres cas, elle peut conduire à l’ostéoporose, à des fractures et des immobilisations handicapantes.
 

Causes et facteurs

Outre le ralentissement du renouvellement cellulaire commun à tous les organismes vivants et qui marque le début de la vieillesse, de nombreux facteurs peuvent accélérer ce processus et occasionner une ostéoporose.

    Hormones sexuelles
Il s’avère que les femmes sont plus touchées par cette maladie avec comme principal responsable, la ménopause. En effet, la baisse de la production des œstrogènes, qui contrôlent le remodelage osseux, occasionne une perte plus rapide et importante de la densité des os, responsable de l’ostéoporose. Les hommes ne sont pas pour autant en reste puisque la chute de la production des androgènes, les hormones mâles comme la testostérone, entraîne également le déséquilibre entre la résorption et la formation osseuse. Si cette baisse des hormones est plus tardive et moins spectaculaire que la ménopause, elle peut être accélérée par des anti-androgènes, des molécules inhibitrices, contenues dans certains traitements contre le cancer de la prostate notamment.

    Médicaments
Certains médicaments possèdent une influence néfaste à long terme sur la qualité des os. C’est le cas des corticoïdes, dont la prise sur une durée supérieure à 3 mois développe un risque accru d’ostéoporose, et de l’héparine, qui est utilisée dans le cadre du traitement de thrombose en évitant une trop grande coagulation du sang.

    Affections endocriniennes
Le dérèglement de la glande thyroïdienne et plus précisément l’hyperthyroïdie qui correspond à une surproduction hormonale représente un risque de développer de l’ostéoporose.

    Carence en Vitamine D
La solidité de l’os est conditionnée par sa capacité à absorber le calcium. Cette métabolisation est assurée par la vitamine D qui intervient dans la minéralisation du squelette et des articulations. C’est la raison pour laquelle, il est important de surveiller son régime alimentaire et de ne pas laisser de carences s’y installer.

    Physique
Une minceur excessive caractérisée par un indice de masse corporelle inférieur à 19 représente un risque plus important d’ostéoporose.Un régime alimentaire équilibré associé à une activité physique régulière permettent de densifier la masse musculaire et de renforcer ainsi la protection des os contre les chutes et les chocs, en particulier quand la masse osseuse a déjà entamé sa diminution avec l’âge.

    Café, tabac et alcool
Enfin, une consommation excessive d’alcool et de tabac diminue la densité minérale des os, de la même manière que le café dont les qualités diurétiques favorisent l’élimination du calcium dans les urines avant qu’il ne puisse se fixer sur les os, prédisposant ainsi à l’ostéoporose.

 

Quelles sont les conséquences ?

L’ostéoporose est certes une maladie dégénérative, elle reste cependant relativement bénigne dans le sens où elle n’a pas d’impact direct sur la santé. Et bien qu’il existe différents traitements qui peuvent ralentir ses effets, le principal objectif des médecins demeure la prévention des chutes qui risqueraient de briser les os et d’handicaper sérieusement les patients les plus âgés.
 

Symptômes et fractures mineures

L’ostéoporose est une pathologie difficile à déceler du fait qu’elle ne possède que des symptômes secondaires. Au contraire de l’arthrose, elle n’occasionne pas de douleurs ou alors très rares et ne se manifeste par aucun signe extérieur. Elle est diagnostiquée le plus souvent suite à une fracture osseuse provoquée par une chute mineure ou un léger coup. Ces fractures concernent trois zones particulières du corps, à savoir les poignets, les vertèbres et le col du fémur. En cas de doute, le médecin a la possibilité de réaliser un test d’ostéodensitométrie qui permet de déterminer la densité minérale des os (DMO). Cette opération utilise plusieurs techniques dont la plus commune passe par un examen aux rayons X. D’autre part la perte de taille, du fait d’une modification de la structure osseuse générale qui se résorbe, sera également un symptôme à étudier de façon précise, tout comme la scoliose et la cyphose qui témoignent d’une perte de rigidité de la colonne vertébrale.
 

Fracture du col du fémur

Là où l’ostéoporose devient plus problématique c’est quand son action occasionne des fractures plus majeures car motrices comme c’est le cas du col du fémur. Cette partie osseuse située au sommet du fémur correspond à la jointure de l’os de la cuisse avec la tête fémorale qui s’insère dans l’acétabulum, la cavité du bassin permettant l’articulation de la hanche et ainsi le mouvement des jambes. Plus fine, cette partie du fémur est, par conséquent, plus fragile et sujette à la fracture. Cette dernière survient le plus souvent avec l’âge suite à une choc violent ou une chute même anodine. Comme on peut le supposer aisément, cette fracture est très lourde de conséquences puisqu’elle déboîte l’articulation et empêche toute possibilité de se déplacer. La prothèse totale de hanche représente une solution idéale au remplacement de l’articulation et permet de redonner au patient la capacité de marcher normalement ou quasiment. Mais cette opération, pourtant simple à réaliser, nécessite une structure osseuse relativement bonne et dense. En effet, étant donné qu’elle consiste à l’insertion d’une tige métallique surmontée d’une tête dans le fémur, elle suppose que l’os de la cuisse soit suffisamment solide pour ne pas s’effriter facilement. Or, en fonction de l’âge et de l’avancement de l’ostéoporose, l’arthroplastie ne sera pas efficace, voire impossible.


Immobilisation et perte d’autonomie

Dans ces cas les plus extrêmes, et malheureusement pas les plus rares, les personnes touchées se voient dans l’obligation d’être alitées, de se déplacer en fauteuil roulant et pour les plus âgées et les plus isolées ou d’être placées en institut sur une longue période, voire jusqu’à la fin de leurs jours. Cette immobilisation s’accompagne la plupart du temps d’une perte d’autonomie et d’un sentiment d’isolement particulièrement mal vécu par ces nouveaux patients. Il peut même arriver que leur bonne santé générale qui leur faisait, en effet, espérer une vie raisonnablement active avant la chute ne s’aggrave avec le traumatisme dont ils sont victimes. Pour les moins fragiles socialement (famille proche) et physiologiquement, le maintien à domicile permet de rendre cette immobilisation moins pénible et déracinante. Il existe en effet de nombreux équipements spécifiques qui s’adaptent à toutes les pièces de la maison (salle de bain, chambre, toilettes, etc.) et permettent de les médicaliser.
 

Escarres

L’une des principales complications de l’alitement se manifeste sous la forme d’escarres. Ces plaies ouvertes et profondes se développent au niveaux des saillies osseuses qui provoquent des lésions cutanées plus ou moins importantes et d’autant plus difficiles à cicatriser qu’elles sont continuellement sollicitées par les frottements de l’assise ou du matelas. Extrêmement douloureuses, les escarres peuvent être soulagées par des pansements ou évitées grâce à des coussins spécialement conçus pour répartir harmonieusement les points de pression sur la peau.

 

Les traitements de l’ostéoporose

 

Médicaments contre l’ostéoporose

Quasiment invisible, l’ostéoporose est le plus souvent décelée lors de fractures mineures, en particulier quand celle-ci se répètent de façon anormale. Un test aux rayons X permet de déterminer le niveau de densité osseuse du squelette et de son architecture générale. Certains traitements médicamenteux sont reconnus pour leur capacité à ralentir la dégradation osseuse. Leur usage doit être bien évidemment encadré par un médecin qui prescrira leur dosage thérapeutique. De plus, leur administration concerne les patients victimes d’une ostéoporose sérieuse.

Certains médicaments associent le calcium, élément primordial à la rigidité de l’os, à la vitamine D qui permet une bonne fixation du minéral.
D’autre part, les biphosphonates ont la capacité de freiner l’action des ostéoclastes et de stimuler celles des ostéoblastes afin de rééquilibrer la balance entre la résorption et la formation du tissu osseux. Ils prennent la forme de comprimés, de solutions ou peuvent être injectés. Il est en est de même pour le ranélate de strontium qui compose de nombreux médicaments dédiés à l’ostéoporose et du dénosumab, un anti-corps qui fonctionne de la même manière en inhibant les ostéoclastes.
La tériparatide est aussi très utilisée dans le traitement de l’ostéoporose. Il s’agit d’un polypeptide qui reconstitue la partie biologique de la parathromone, une hormone parathyroïdienne favorisant la métabolisation du calcium et du phosphate. C’est aussi le cas de la calcitonine qui s’accompagne en plus d’un effet analgésique propice à soulager le patient des douleurs.
Les traitements hormonaux comme le THS (traitement hormonal substitutif) permettent de compenser les carences hormonales dues à la pertes des ovaires chez la femme ménopausée en apportant à l’organisme les œstrogènes et la progestérone dont le rôle dans la stimulation des ostéoblastes est important. Toutefois, ce traitement n’étant pas compatible avec les femmes ayant un haut risque de cancer du sein, des substituts existent comme le raloxifène et le bazedoxifène.



Prévention de l’ostéoporose

 

Alimentation

Provoquée par le vieillissement, l’ostéoporose peut apparaître de façon plus précoce ou se développer rapidement à cause de carences comme le calcium ou la vitamine D. Une alimentation équilibrée demeure bien souvent le meilleur atout pour une bonne santé générale et un renforcement de la masse osseuse. Elle permet d’ailleurs d’éviter les suppléments nutritionnels et de combler les éventuelles carences. Dans le cas où ces dernières commencent à devenir inquiétantes, la consommation régulière de produits laitiers (lait, fromages, yaourts) apportera le calcium nécessaire aux os. Cela dit, il ne faut pas non plus oublier la vitamine D qui permet l’absorption du calcium. Elle est particulièrement présente dans le poisson, et notamment le saumon, dans l’huile de foie de morue, les abats et... les produits laitiers.
 

Tabac

Le tabagisme aurait, lui aussi, un mauvaise influence sur les os puisqu’il empêcherait une bonne fixation du calcium sur les os. De plus, il accélérerait le processus de ménopause chez la femme qui, comme nous avons pu le voir plus haut, fait parti des facteurs principaux d’un développement d’une ostéoporose. C’est pourquoi, il est fortement conseillé d’arrêter de fumer le plus tôt possible ou en tous cas de réduire considérablement sa consommation. Il en va de même pour les hommes.
 

Activité physique

L’activité physique régulière, pratiquée dès le plus jeune âge, permet de densifier de façon maximale la matière osseuse et de développer une masse musculaire suffisante pour protéger les os lors de chocs ou de chutes. De surcroît, elle entretient votre souplesse et votre agilité qui vous assurent une meilleure stabilité et des réflexes qui évitent les fractures articulaires et les déséquilibres du corps. L’activité physique est aussi efficace en prévention qu’en cas d’ostéoporose déclarée. Pour les plus âgés, le simple de fait de se promener quotidiennement selon une marche sportive suffit à renforcer leur musculature et leur ossature.
Le choix de chaussures de sport  adaptées (disponibles pour homme aussi), l’attention portée à votre chemin et l’installation de barres d’appui aux endroits les plus stratégiques de votre domicile (toilettes, baignoire, douche, etc) vous éviteront les chutes. De plus, une activité physique régulière permet de conserver un « poids de forme » qui évitera que le corps ne pèse trop sur les os ou les articulations.




Sans être une fatalité, l’ostéoporose est susceptible de toucher toute la population et plus particulièrement les femmes ménopausées. Elle demeure invisible tant qu’une fracture ne s’est pas produite et peut s’avérer très handicapante au point de bouleverser complètement le quotidien d’une personne qui jusque là ne connaissait aucun trouble de la santé. Si certains traitements existent pour renforcer la masse osseuse et combler sa perte de densité, la prévention demeure le remède le plus efficace contre la fracture du col du fémur et ses conséquences que sont l’immobilisation, la perte d’autonomie et les escarres. Une activité physique et une alimentation saine et équilibrée vous apporteront le renforcement nécessaire dès les premiers signes d’ostéoporose tandis qu’une attention portée à vos déplacements à l’extérieur et à l’intérieur de votre domicile vous aideront à éviter les chutes.