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Oxygénothérapie à domicile : traitement de l'insuffisance respiratoire

Respirer pour vivre est indispensable. La respiration fournit au sang l’oxygène dont le corps a besoin et expulse les déchets gazeux de l’activité corporelle tel que le CO2 (dioxyde de carbone). Dans le cas d'une insuffisance respiratoire, les poumons ne parviennent plus à oxygéner le sang correctement et les gestes simples du quotidien deviennent une épreuve (monter les escaliers, faire ses courses, …). De plus en plus de Français manquent de souffle et les causes sont nombreuses et variées comme par exemple la mucoviscidose, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), l'asthme, l'apnée du sommeil ou encore l'obésité. L'insuffisance respiratoire non traitée peut menacer la vie si elle évolue en détresse respiratoire.

L'oxygénothérapie a montré ses bienfaits chez les patients souffrant d’un manque d’oxygène. Ce traitement se définit par l'administration d'air enrichi en oxygène à des patients ayant une insuffisance respiratoire. Elle permet d’améliorer la survie et la qualité de vie de nombreux patients. L’oxygénothérapie à domicile peut se faire par le biais d'un concentrateur d'oxygène fixe ou portable. L'intérêt de ce dernier est d'être mobile pour permettre la déambulation.

Alors, qu'est-ce que l'insuffisance respiratoire ? Quels sont ses symptômes ? Et comment peut-on la traiter avec de l'oxygénothérapie à domicile ? Equipmédical vous explique tout !
 


Qu'est-ce que l'insuffisance respiratoire ?

 
L’insuffisance respiratoire peut être définie par un manque d’oxygène dans le sang (hypoxémie) qui entraîne une difficulté à assurer les fonctions normales de l’organisme. Ainsi, le patient se sent souvent fatigué et essoufflé pour des efforts de moins en moins importants. La fatigue étant souvent accompagnée d'une perte de vitalité. Une insuffisance respiratoire peut être aiguë, d’installation brutale, ou plus souvent chronique, d’apparition progressive.

Plusieurs examens cliniques permettent de contrôler et d'apprécier le fonctionnement du système respiratoire et l’éventuel retentissement sur le cœur de l’insuffisance respiratoire. Parmi ces examens, on peut citer : la radiographie, les épreuves fonctionnelles respiratoires, l’électrocardiogramme, l’échocardiographie, le gaz du sang, les épreuves d’exercice ou l’oxymétrie qui consiste à mesurer, grâce à un oxymètre de pouls ou saturomètre, la saturation des globules rouges en oxygène (SpO2).

L'hypoxémie est sévère quand la pression artérielle en oxygène (PaO2) est inférieure à 55 mm Hg ou quand la PaO2 est comprise entre 55 et 60 mm Hg et quelle est associée à d'autres signes cliniques ou complications. Lorsqu'une personne n'absorbe pas assez d'oxygène sa saturation (SpO2) est également trop basse: moins de 90%. On parle de désaturation. Dans ces cas, une oxygénothérapie est mise en place.

Les causes de l'insuffisance respiratoire sont multiples et varient selon le type d'insuffisance. Une insuffisance respiratoire aiguë peut être due à une crise d'asthme intense ou à une infection des poumons. L'insuffisance respiratoire chronique découle de pathologies qui touchent l'appareil respiratoire comme la mucoviscidose ou la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). L'insuffisance respiratoire fait aussi partie des effets méconnus du tabagisme.
 

Insuffisance respiratoire : comment se manifeste-t-elle ?


Le déficit en oxygène engendre un ralentissement de l'activité cellulaire. Ainsi, le déficit en oxygène peut se manifester notamment par :
 
  • La réduction des possibilités physiques (essoufflement à l'effort (dyspnée), fatigabilité)
  • Des céphalées (maux de tête) matinales
  • La toux
  • La cyanose : coloration violacée, bleuâtre au niveau des extrémités (ongles, oreilles, lèvres)
  • Les œdèmes
  • La somnolence anormale
  • L’encombrement respiratoire quasi-permanent ou des bronchites à répétition avec difficultés de récupération traduisent une difficulté de drainage bronchique…
 

L'oxygénothérapie : traitement de l'insuffisance respiratoire


L’oxygénothérapie constitue l'un des traitements de l'hypoxie (oxygénation insuffisante des tissus) due à une insuffisance respiratoire. Elle permet l'enrichissement en oxygène de l'air inspiré.
 
L’oxygénothérapie est employée aussi bien d'une manière temporaire, dans des affections aiguës, que d'une manière prolongée et quotidienne dans des affections chroniques. Les insuffisants respiratoires qui retournent à leur domicile peuvent bénéficier d’un traitement d'oxygénothérapie à court ou à long terme.

Les solutions proposées pour l’oxygénothérapie à domicile sont les concentrateurs d'oxygène fixes et portables, les bouteilles d’oxygène gazeux et les réservoirs d’oxygène liquide.
 

Les concentrateurs d’oxygène


La fraction d'oxygène inspiré, qui est de 21 % dans l'air atmosphérique, peut ainsi être augmentée jusqu'à presque 100 % avec un concentrateur d'oxygène. Jusqu’à l’apparition des concentrateurs d’oxygène « haut débit » (jusqu'à 9 L/min), l’oxygène liquide était la seule source disponible à ces débits. Les concentrateurs portables ont été développés pour répondre aux besoins de déambulation des patients. Aujourd'hui voyager sous oxygène avec son concentrateur est possible sous certaines conditions.
 

Principe et fonctionnement d'un concentrateur d'oxygène

 
Le concentrateur d’oxygène est un appareil permettant de concentrer et de filtrer l’oxygène de l’air. L'air fournit par le concentrateur est enrichi en oxygène à plus de 90 %, par l’adsorption de l’azote de l’air ambiant à travers des tamis moléculaires de zéolithe. L'air ainsi enrichi en oxygène est transmis du concentrateur au patient par le biais d'une lunette ou d'un masque à oxygène. Encore bruyant pour certains, il convient d'utiliser une rallonge à tubulure pour s'éloigner du concentrateur. On peut distinguer deux types de concentrateurs : fixes ou portables.


Précautions d'utilisation d'un concentrateur d'oxygène


L’oxygène est un gaz incolore, inodore et insipide (ne se détecte pas). C’est un comburant : il entretient la combustion et expose ainsi à des risques d’incendie et d’explosion.

Les précautions générales consistent à éviter les matières combustibles :
 
  • Corps gras : attention aux mains sales, ne pas lubrifier le concentrateur, ne pas appliquer de crèmes et pommades sur le visage des patients.
  • Gaz combustibles : laques, désodorisants, stockage de propane ou de butane à proximité, …
  • Produits volatiles : solvant, alcool, essence, peinture, …

Quelques règles de sécurité :
 
  • Ne jamais fumer avec votre oxygène et ne pas fumer non plus dans la pièce où est installée votre source.
  • Ne pas cuisiner avec votre oxygène
  • Garder le concentrateur d'oxygène dans un endroit sec, propre et ventilé en position verticale
  • Tenir le matériel éloigné de toute source de chaleur : cheminée, bougie, cuisinière, radiateur, ...
  • Ne rien poser sur votre concentrateur d’oxygène
  • Ne pas porter le concentrateur portable sous un vêtement.
  • Ne pas stocker le dispositif dans un lieu de passage, dans une pièce humide, dans une cuisine ou encore dans un placard.
 

Les concentrateurs d’oxygène fixes

 
Les concentrateurs fixes se présentent sous la forme d’un petit meuble sur roulettes pesant de 14 à 25 kg environ. Ils peuvent être utilisés 24h/24. Ils se branchent sur secteur et ont une consommation électrique d'environ 300 watts (et presque 500 watts pour les « haut débit »).

 
Les concentrateurs classiques fournissent un débit continu réglable entre 0,5 et 5 L/min comme le concentrateur d’oxygène Compact 525 KS et le Perfecto 2V, proposés sur notre site internet.

Les concentrateurs « haut débit » fournissent un débit continu réglable entre 0,5 et 9 L/min. Le concentrateur d’oxygène Intensity peut délivrer jusqu'à 8 L/min d'oxygène. Le platinium 9 fournit quant à lui de l’oxygène en débit continu allant de 0.5 à 9 L/min.

A savoir : Le débit peut varier d’un patient à l’autre avec une grande amplitude. Seul votre médecin ou votre pneumologue peut définir le débit nécessaire pour traiter votre pathologie. Le respect du débit prescrit est essentiel. Vous ne devez jamais changer le débit d'oxygène, ni la durée de votre prescription, sans avis médical.

 

Les concentrateurs d’oxygène portables

 
Les concentrateurs d’oxygène portables favorisent la déambulation des patients insuffisants respiratoires. Le fonctionnement de ces concentrateurs est similaire à celui des concentrateurs fixes. Ils disposent néanmoins d’une double alimentation, secteur et batteries internes.
 
Le volume d’oxygène qu’ils sont capables de produire par minute est limité à 3 L. Leur autonomie dépend de la batterie, du mode d’oxygénothérapie (pulsé ou continu) et du réglage du débit.

La batterie est l'élément le plus important du concentrateur car sans elle : pas de mobilité ! L'autonomie peut aller de 3 à 5 h et peut doubler de 6 à 10 h avec des batteries supplémentaires.

Les concentrateurs d'oxygène portables pèsent entre 2 et 10 kg. Les plus légers peuvent être facilement transportables à l’aide d’un sac en bandoulière comme l'Inogen one G3 ou le Platinum mobile.
 

Les dispositifs d’administration de l'oxygène


Ces dispositifs permettent la transmission de l’oxygène concentré par l'appareil au patient. Parmi ces raccordements, on peut distinguer :
 
  • La lunette à oxygène :
Appelée aussi canule nasale, elle se présente sous forme d'une longue tubulure munie de deux orifices à embout à placer en regard des narines du patient. La tubulure est passée derrière les oreilles pour assurer la fixation de l’ensemble. La canule nasale est un dispositif d’administration simple, fiable et généralement bien toléré. Cependant le port d’une lunette à oxygène peut entraîner des frottements désagréables sur la peau, notamment derrière les oreilles et provoquer par conséquence des irritations ou des brûlures. Des protège oreilles pour lunette à oxygène sont recommandés pour parer à ce désagrément.
 
  • Le masque à oxygène :
Il couvre le nez, la bouche et est muni d’ouvertures latérales qui permettent l’évacuation du gaz expiré. Le masque à oxygène est indiqué pour les patients ayant des irritations nasales ou une épistaxis (saignement de nez). Le masque à oxygène entrave cependant la communication, l’alimentation et la toux. Il est même inconfortable pour certains patients (sentiment d’oppression).
 
  • La rallonge pour tubulure :
Elle permet aux personnes oxygénodépendantes d’élargir leur périmètre de marche avec leur concentrateur d'oxygène. Elle nécessite l'utilisation d'un raccord universel. Le raccord se positionne entre la tubulure des lunettes ou du masque à oxygène et la rallonge qui se reliera directement au concentrateur.
 
  • L'humidificateur :
Un humidificateur est parfois nécessaire pour hydrater les voies respiratoires. Un air trop sec peut provoquer chez le patient une sécheresse des muqueuses du nez, de la gorge et provoquer une toux réflexe.
 

Voyager avec son concentrateur d'oxygène

 
  • Voyager en avion :
Si certains des concentrateurs portables sont conformes aux exigences requises afin de permettre aux patients de voyager en avion avec leur concentrateur en toute liberté, comme l'IGO ou le Solo2, il convient de toujours contacter la compagnie aérienne pour obtenir une autorisation préalable au moins 45 jours avant le départ. Si vous souhaitez utiliser votre concentrateur d'oxygène portable en cours de vol, contactez également la compagnie aérienne pour obtenir une autorisation préalable. Le nombre de batteries au lithium autorisé pouvant être limité, il convient également de se renseigner lors de la réservation.
 
  • Voyager en train :
Prendre le train est possible avec son concentrateur d'oxygène. La réglementation actuellement en vigueur à la SNCF vous autorise à voyager avec votre matériel d’oxygénothérapie. Pour plus de confort les trains sont de plus en plus souvent équipés de prise électrique. Renseignez vous avant votre départ auprès de la SNCF des conditions d'utilisation de votre appareil médical.
 
  • Voyager en bateau :
Si vous envisagez de faire une croisière, il convient de s’adresser à la compagnie maritime qui est en mesure de donner une autorisation, sous contrôle du capitaine du navire après concertation avec le médecin de bord. Généralement, toutes les cabines de bateaux sont équipées de prises de courant permettant de brancher un concentrateur d'oxygène. Il convient éventuellement de prévoir un adaptateur / transformateur électrique.

Les concentrateurs d'oxygène ne sont pas autorisés sur les navires de type voilier en raison de l'instabilité de cette embarcation et du fort taux d'humidité environnant. 
 

L'oxygène gazeux


Il s'agit de bouteilles d'oxygène (obus), de couleur blanche obligatoirement. L’oxygène est stocké sous forme gazeuse dans les bouteilles et comprimé à une pression de 200 bars. Il existe plusieurs tailles pour plusieurs contenances. L'oxygène gazeux est utilisé soit en poste fixe pour le traitement soit en bouteille de secours en cas de panne de courant ou de problème sur la source principale d’oxygène(la législation oblige d'ailleurs la délivrance d'une bouteille d'oxygène en même temps qu'un concentrateur).

Les bouteilles de 0.4 m3 sont utilisées pour l’oxygène de déambulation. Le transport se fait soit à l’aide d’un chariot, soit dans un sac en bandoulière.


L'oxygène liquide


L'oxygène médical à l'état liquide pur à 99,5 % est stocké à très basse température (-183°C). Il est contenu dans un réservoir fixe isolé à double paroi sous vide à faible pression qui délivre de l'oxygène à l'état gazeux. L’oxygène liquide passe à l’état gazeux en s’évaporant et en se réchauffant dans un serpentin. Il est souvent prescrit pour un débit d’oxygène supérieur à 9 L/min et pour les patients qui déambulent souvent et régulièrement.
 
L’oxygène est dispensé soit directement à partir de la cuve par l’intermédiaire d’une tubulure et de lunettes nasales, soit par l’intermédiaire d’un réservoir portable. Le réservoir portables d'oxygène liquide peut être remplis de façon répétée au conteneur stationnaire d'oxygène liquide. Il est nettement plus léger que les bouteilles de gaz et a une plus grande capacité de stockage, pour un même volume.



Souffrir d'une insuffisance respiratoire n'est plus une fatalité si elle est diagnostiquée précocement et bien traitée. L’oxygénothérapie en est le traitement principal et peut permettre le retour à domicile des patients oxygénodépendants. Fixes ou portables, les concentrateurs d'oxygène représentent une bonne solution et permettent la mobilité, et même les voyages !

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